Monsieur THIERS, une ambition jusqu’à la Commune de Paris  -  Claude C. -

Adolphe THIERS, né à Marseille en 1797, mort en 1877 à Saint Germain en Laye.

Enfance pauvre, malgré des ascendants riches par sa mère, née AMIC de la bonne bourgeoisie commerçante. Adolphe THIERS nait dans une famille, proche du pouvoir,  ruinée et déclassée suite à la chute de l’ancien régime. Négociants marseillais par sa mère, aisés sous l’ancien régime, ruinés par la Révolution.

Il faut voir dans les origines de l’enfant THIERS son penchant royaliste qui ne le quittera que, ironie de l’histoire, lorsqu’il porta lui-même la 3ème République sur les fonds baptismaux.

Son père indigne descendait d’un intendant royal, d’un conseiller à la Cour des Comptes, d’un inspecteur des monnaies. En 1734, son grand-père Louis Charles THIERS était avocat à la Cour du Parlement de Provence.

La Révolution marque la décadence des THIERS. Louis Charles quitte le barreau en 1770 et se fait nommer par le Roi, « archivaire », secrétaire de la Ville de Marseille ce qui correspond à  Secrétaire général ou Directeur Général des Services au grade actuel. Il en est chassé par la Révolution en 1790. Les notables marseillais le soupçonnaient d’être l’informateur du pouvoir central. Louis Charles aime l’argent, il est à peu près certain qu’il a transmis cette passion à son petit-fils, à travers les récits de sa mère.

En 1779, Louis Charles  possède un navire de commerce, armé de 4 canons et dont les dépenses d ‘armement pour un voyage en Martinique s’élèvent à 5 000 livres, sans compter la valeur de la cargaison environ 20 000 livres. Son patrimoine immobilier comportait 3 maisons bourgeoises à Marseille, une propriété de campagne à Château Gombert, la Révolution confisquera ces biens.

En 1789, l’archivaire tourne sa veste avec le vent. Il participe à la préparation des Etats généraux de 1789, il rédige le rapport octroyant le titre de citoyen de Marseille à Mirabeau, élu député du Tiers état. Malgré ce revirement politique il n’en tire aucun profit.  En 1790, il perd son emploi à 76 ans, sa retraite est supprimée. Il est inscrit sur la liste des émigrés avec séquestration de ses biens, sous prétexte qu’il est parti vivre chez sa fille à Menton (à l’étranger à l’époque). Revenu à Aix pour récupérer ses biens, il est emprisonné pendant la Terreur, il a quasiment tout perdu. Ruiné, il meurt à Menton en 1795.

Le fils de Louis Charles naquit en 1759. (annexe 1)

La vie aventureuse du père de THIERS nécessiterait un livre, si la vie d’un voyou intéressait le lecteur.

Nul ne sait par quel revirement, retournage de veste ou protection des gens de justice, en 1795, Louis THIERS, fugitif depuis 1793, est nommé, pour prix de ses trahisons, accusateur public auprès du Tribunal de Marseille, certainement en contrepartie de dénonciations de ses anciens compagnons royalistes.

Ce poste « sensible » lui assure un traitement de 7 000 livres par an. En 1795, il aide à faire sortir Lucien BONANPARTE de prison. Le frère de Napoléon BONAPARTE, en pleine ascension entre dans Marseille en mars 1796. Lucien BONAPARTE accompagne son frère dans la campagne d’Italie. Pour remercier Louis THIERS, il le fait nommer fournisseur aux Armées. Louis THIERS, sans scrupules, séduit et engrosse une jeune femme de 22 ans, Marie Madeleine AMIC. Elle donne naissance le 18 avril 1797 au petit Adolphe THIERS. Sa 1ère épouse, Marie FOUGASSE étant morte le 3 mars de la même année, Pierre Louis THIERS, épouse la jeune AMIC et reconnait son fils Adolphe, puis il disparait. Il réapparaitra en 1825, père indigne, pour réclamer de l’argent à son fils.

Adolphe THIERS, personnalité puissante, nait d’une lignée royaliste qui a côtoyé le pouvoir sous l’ancien régime mais aussi sous le Directoire et la 1ère République. En raison de sa grande pauvreté, la mère de THIERS,  a dû s’adresser à la justice en 1799 pour obtenir une pension alimentaire de 400 francs annuels. C’est la grand-mère d’Adolphe qui la versera. Pourtant son père, fournisseur aux Armées du clan BONAPARTE, mène grand train de vie. En 1799, à la veille du 18 bruma ire, ce voyou sans scrupule, est propriétaire de 2 magnifiques domaines à Coutances. A Paris, il vit entouré des 3 enfants de son 1er mariage, de ses 2 maîtresses Italiennes, 2 sœurs qui lui ont ajouté 2 enfants. Cette tribu vit sous le même toit.

Pendant cette période faste pour son père, le jeune Adolphe est élevé par sa mère et sa grand-mère AMIC à Marseille, dans la misère et totalement abandonné. Son oncle AMIC vit à l’Ile Maurice, ruiné par la guerre avec l’Angleterre.

Il est évident que le jeune THIERS a été marqué, dans son enfance, par son entourage féminin et la grande pauvreté de sa condition sociale issue pourtant d’une lignée de privilégiés de l’ancien régime. 

Certainement influencé par les récits de sa mère sur les voyages de son aïeul AMIC, fournisseur du Grand Turc et de Louis XV, THIERS a gardé au fond de lui-même un attachement filial au bon souvenir de la royauté : régime sous lequel, à son sens, il était possible de s’enrichir.

Adolphe, au lycée de Marseille, était un élève brillant. Les lycées sous BONAPARTE étaient des institutions politiques destinées à former une jeunesse de serviteurs de l’Etat et de soldats. BONAPARTE se méfiait des générations ayant connu la Révolution au goût de la liberté.

Travailleur acharné aux études, THIERS soumis aux privations de toutes sortes vis-à-vis de ses camarades issus de familles aisées, garda toute sa vie un attrait irrésistible pour l’argent qui lui a tant manqué.

En 1815, sur les conseils de son proviseur et avec une recommandation écrite élogieuse de ses professeurs, il entame des études de droit à Aix. Ses 2 « mères », mère et grand-mère, ne le rejoindront à Aix qu’en 1818. Ses études et son hébergement étant financés par sa marraine et une de ses tantes (logé chez un menuisier et un maçon).

En 1818, il est avocat et commence à plaider à Aix. Notable respecté, il habite avec ses 2 mères dans une maison simple et confortable de la banlieue d’Aix.

A cette époque, il écrit : - un essai de philosophie

-    Un essai sur l’éloquence judiciaire

-    Une pièce de théâtre : Tibérius Gracchus

-    Un essai sur l’éloge de Vauvenargues.

De sa période aixoise, il gardera de solides et durables amitiés. Les plus célèbres de ses amis sont : AUDE, futur maire d’Aix, ROUCHON, futur magistrat, TEULON devint député monarchiste de Juillet et de la 2ème République, BORELY devint procureur général, FLORET, le Préfet qui surveillera Louis THIERS et, enfin MIGUET, futur journaliste politique célèbre.

« Vive Adolphe 1er ! » scandaient-ils tous dans une fête, « quand il sera ministre ! », c’est une ritournelle qui sonne bien à ses oreilles.

Lui-même étouffe à Aix. Il proclame : « J’aimerais les femmes, la table, le jeu, mais je n’ai point d’or ». « ma mère me donne pour manger et non pour voyager ».

Il emprunte de l’argent à ses amis et en septembre 1821, THIERS prend la diligence pour Paris avec en poche 2 lettres de recommandation, l’une du Dr ARMAND, personnalité libérale pour le député de gauche MANUEL, et l’autre de PELLENC, ancien secrétaire de MIRABEAU, pour le Duc de La ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT, libéral et philanthrope, qui lui offre une place de secrétaire à 1.500 francs par an.

C’est le portrait que BALZAC en fit pour son personnage Rastignac.

A 24 ans, il sera journaliste au « Courrier Français », journal d’opposition « de gauche sous la Restauration, on disait alors libéral, où il a rejoint son ami MIGUET.

L’éligibilité à plus de 40 ans et le vote censitaire, ne lui permettent aucune investiture. THIERS, intéressé par la politique ne peut que travailler dans le journalisme. Il a l’intuition de la force naissante de la presse.

Citons CHATEAUBRIAND, à l’époque, il écrivait : « la presse….une force autrefois inconnue, c’est la parole à l’état de foudre, c’est l’électricité sociale »

BALZAC : « la presse est en France un 4ème pouvoir dans l’Etat ».

Futur 1er ministre de Louis-Philippe, il fait ses premières armes au « Constitutionnel », journal concurrent. Il est d’ailleurs le journaliste le mieux payé du journal ; journal plus réformiste que révolutionnaire. Mais son attrait pour l’argent l’emporte. Bourreau de travail, il devient multicartes et reporter, pour d’autres organes, en particulier, à 26 ans, il écrit pour la Gazette d’Ans bourg, pour 200 francs par mois, journal lu dans toutes les cours européennes, au poids politique considérable.  (annexe 2)

L’orgueil de THIERS alimente une ambition démesurée motivée par le sentiment de revanche sur son enfance pauvre dans une famille humiliée. Il n’aura de cesse que de se hisser au premier rang de la société.

Louis-Philippe a essayé de s’en servir comme bouée de sauvetage mais il était trop tard.

Pour arriver au pouvoir, il faut être riche. A l’époque, pour être électeur et éligible, il faut être imposable à hauteur de 300 francs. Le vote censitaire limitait ainsi à 70.000 le nombre d’électeurs. Le métier de journaliste le nourrit mais les revenus d’un travail acharné ne lui rapportent en moyenne que 17 francs par jour (salaire moyen d’un ouvrier 3 francs par jour).

En 1822, à 25 ans, il publie son Histoire de la Révolution, en 1824 l’Histoire de l’Empire. M. LECOINTE, libraire, accepte de verser 15.000 francs pour une réédition de l’Histoire de la Révolution.

THIERS s’empare de la presse. FOUCHE, l’homme de TALLEYRAND, fonde le journal « le Constitutionnel ». Grâce à ses relations, il entre au conseil d’administration du « Constitutionnel ». Il recevra une rétrocession de 5.000 francs par an sur les dividendes.

De VILLELE, alors ministre de CHARLES X, ébloui par son talent, tentera d’acheter THIERS, et de mettre sa plume au service du pouvoir (les ultras). Mais THIERS ne marchera pas par intuition de la chute politique des ultras.

Malgré tout, son travail ne suffit pas pour réussir. La fréquentation des salons multiplie ses relations mondaines. Il profite de ses nouveaux revenus pour prendre des leçons de danse et d’équitation (1825).

Il a une vision très intéressée de l’amitié. Il est introduit par le député MANUEL, chez le banquier LAFITTE, personnage sympathique qui, protège les revenus de Louis XVIII pendant les Cent Jours et les fonds de NAPOLEON avant de partir à Sainte Hélène. 

En 1815, il verse 300.000 francs aux occupants prussiens pour éviter le pillage de Paris. Il fait don de 2 millions à l’Etat à la 1ère restauration. LAFITTE évitera de peu la banqueroute. Pour tout remerciement, Louis XVIII le congédia de la Banque de France, faisant de LAFITTE un acharné opposant de la mouvance libérale.

THIERS fréquente assidument le salon où passe le gratin de la bourgeoisie libérale et d’opposition à Charles X.

Citons BALZAC : « Mr THIERS est une girouette qui malgré son incessante mobilité reste sur le même bâtiment…Mr THIERS a toujours voulu la même chose, il n’a jamais eu une seule pensée, un seul système, un seul but. Tous ses efforts y ont constamment tendu : il a toujours songé à Mr THIERS.

Il fréquente STENDHAL, MERIMEE, INGRES, V. HUGO, CHATEAUBRIAND, LA FAYETTE, SAINTE BEUVE, BERANGER et bien d’autres, sans oublier le petit salon de Sophie DOSNE.

Citons CHATEAUBRIAND : «  je reconnais dans Mr THIERS, un esprit souple, prompt, malléable, comprenant tout, hormis la grandeur qui vient de l’ordre moral, ce qui ne l’empêcherait pas de nous faire étrangler le cas échéant».

 On ne peut s’empêcher de penser que c’est ce qu’il fera avec les communards.

Vers 1820, THIERS adhéra à la Charbonnerie qui comportait 60.000 membres, dirigée par la Haute Vente, présidée par LA FAYETTE. Elle fomenta un complot visant à faire tomber le pouvoir et rétablir la République par un soulèvement militaire (1822). La police informée, arrête en masse ; une dizaine de militaires furent exécutés, les 4 sergents de la Rochelle furent guillotinés en place de grève, sans trahir leurs chefs. La Charbonnerie fut dissoute suite au complot.

Dans la Charbonnerie, THIERS prête serment, non pas contre la monarchie, mais contre la branche aînée des Bourbons. Bien reçu au salon de LA FAYETTE, rue d’Anjou, il n’a jamais eu la confiance du vieux général. Est-ce lui le dénonciateur  du complot ?

Par contre, il fut l’élève et l’ami de TALLEYRAND, à 26 ans, il  apprivoise le grand machiavélique, politicien international, qui a marqué l’histoire de France de l’Empire à la Restauration. Celui dont l’Empereur NAPOLEON 1er disait : « Vous êtes de la merde dans un bas de soie » Suite au désastre de la guerre d’Espagne, du traité de Paris (30 mai 1814) et de la Conférence de Vienne (9 juin 1815). Premier Ministre de Louis XVIII, congédié le 1er mai 1815, Louis XVIII préférant la Charte à la Constitution de TALLEYRAND.

Journaliste au National, THIERS est reçu par TALLEYRAND à son domicile et prend toutes les leçons de politique qu’il peut. Il le fréquente assidument jusqu’à sa mort en 1829. Il fréquentait parallèlement la duchesse de DINO, nièce par alliance de TALLEYRAND et qui fut sa maîtresse.

TALLEYRAND utilisera THIERS pour déstabiliser les Bourbons, ces ingrats qu’il a installés sur le trône et qui l’ont chassé du gouvernement. Il informe THIERS sur tout ce qui compte dans le Cosme politique. Il devient son maître à penser. De TALLEYRAND et FOUCHE, l’on disait : « le vice appuyé sur le bras du crime », de THIERS et TALLEYRAND, on pourrait dire : « le crime appuyé sur le bras du vice ». THIERS était l’élève privilégié de TALLEYRAND.

Pour BALZAC, RASTIGNAC, alias THIERS, n’est pas parvenu, il est arrivé.

THIERS fut co-directeur du journal « le Constitutionnel » et surtout le créateur et le véritable patron du journal « le National », financé par la duchesse de DINO.

A travers les articles décrits par THIERS dans le « National », ont préparé les conditions de la chute de CHARLES X.

Par son extraordinaire habileté politique, THIERS substitue au gouvernement ultra de VILLELE et de CHARLES X, l’héritier des Bourbons, légitimiste, le Roi LOUIS-PHILIPPE de la maison d’Orléans. THIERS fut, sur les conseils de TALLEYRAND, l’un des instigateurs efficace de la substitution.

Citons BALZAC : « l’opinion publique se fabriquait avec de l’encre et du papier », « la presse, c’est l’intelligence vendue par trente propriétaires » Aujourd’hui, c’est remplacé par la Télé ! Les grands patrons de presse ne font pas mieux de nos jours.

CHARLES X précipite sa chute, en 1829, par la nomination du 1er ministre, le Prince de Polignac, fils d’une favorite de Marie-Antoinette, nommé prince par le Saint Siège.

Il nomme l’émigré LA BOURDONNAIS à l’Intérieur : le bras armé de la Terreur Blanche de 1815. Citons l’intéressé : « il faut des fers, des bourreaux, des supplices, défenseur de l’humanité, sachez reprendre quelques gouttes de sang pour en épargner des torrents ! »

Il nomme, le général BOURMONT, le traitre de Waterloo, à la Guerre. En 1815, retirant son armée de la défense de Paris, il a laissé les alliés envahir la capitale. C’est une provocation manifeste !

Avec ce gouvernement, CHARLES X veut revenir avant 1789, effacer la Révolution et l’Empire. Il proclame : « la religion, la justice et Dieu commandent d’anéantir tous ces codes infâmes pour endiguer l’impiété que l’enfer a vomie sur la France ».L’église de Rome soutenait sans réserve les ultras CHARLES X et POLIGNAC.

A partir du 3 janvier 1830, THIERS est le principal instigateur du régime parlementaire de la monarchie parlementaire. Le Roi confie l’exercice du gouvernement à des ministres responsables devant l’Assemblée. A l’époque, l’Assemblée est élue par le régime censitaire, c’est-à-dire par l’élite de l’industrie, de l’armée, des Sciences et des Arts, régime inspiré du positivisme d’Auguste COMTE.

La patte journalistique de THIERS a joué pour beaucoup dans le déclenchement des 3 glorieuses. Le 5 janvier 1830, THIERS et les députés libéraux sur les conseils de ce dernier, refusent de voter le budget. Un article du « National » entraîne de fortes amendes à THIERS et SAUTELET (le gérant du journal). THIERS ouvre une souscription pour payer les amendes, des queues se forment, dire que le régime est impopulaire est un euphémisme !

CHARLES X fomente un coup d’état (19 mars, discours au Parlement) GUIZOT rappelle « la Charte » à CHARLES X et fait voter à l’Assemblée, l’adresse des 221- demandant au Roi de respecter la Charte. La Chambre est dissoute le 16 mai. Si on rajoute le marasme économique, tous les ingrédients sont réunis pour la révolte : nombreuses faillites dans l’industrie, le commerce, mauvaises récoltes en 1828, 1829, misère du peuple dans les villes et les campagnes, l’hiver 1829-1830 est rude.

Les pauvres, affamés et sans feu, accusent CHARLES X. La crise s’installe, le Roi invente la diversion de la 1ère guerre d’Algérie : 27.000 marins, 36.000 soldats et cavaliers sont envoyés sur l’autre rive de la Méditerranée pour conquérir Alger.

THIERS n’était pas le seul instigateur du soulèvement, il y eut aussi REMUSAT, CARREL, MIGUET, ETC … de nombreux journalistes, des hommes politiques de 1er plan : LA FAYETTE, le Duc de BROGLIE, Benjamin CONSTANT, LAFITTE, Casimir PERIER….

THIERS, suite à une décision collective des journalistes, rédige « le brûlot », une motion qui se termine par : nous sommes dispensés d’obéir » signée par 44 journalistes de tous bords.

Mardi 27 juillet : 1ère Glorieuse.

Le Préfet de police MANGIN fait intervenir ses flics contre les imprimeries de presse qu’il a décidé de saboter pour les rendre inutilisables. Certains traînent les pieds, ils obéissent mollement, si bien que, vite réparées, elles impriment par dizaine de milliers des « bilboquets » : tracts, cloués sur les arbres.

Le Roi confie au Maréchal MARMONT, duc de Raguse, le rétablissement de l’ordre à Paris. Ce traitre qui, en 1814, abandonna Paris aux alliés, qui défileront dans Paris occupé. Par la suite le terme « raguser » signifiera « trahir ».

Les anciens grognards de l’Empereur vont mettre en œuvre, dans Paris, leurs connaissances militaires qu’ils ont eux-mêmes subies dans les combats de rues en Espagne.

Les barricades se dressent, les emblèmes royaux sont arrachés et remplacés par des drapeaux tricolores.

Mercredi 28 juillet : la seconde Glorieuse

Les combats font rage sur les nombreuses barricades. MARMONT et ses troupes sont débordés contre 800.000 insurgés armés. La Garde nationale s’est, en partie, rangée du côté des insurgés. La duchesse de Berry s’inquiète de savoir si la troupe a tiré de bon cœur sur les insurgés ? POLIGNAC déclare face aux défections de la Garde nationale, je cite : « la troupe nous quitte……il faut tirer sur la troupe ». Casimir PERIER galvanise les insurgés. A la réunion chez GUIZOT, une tentative de médiation, auprès de MARMONT, échoue en raison de l’attitude intransigeante de POLIGNAC.

Jeudi 29 juillet : la troisième Glorieuse

2 régiments refusent de se battre. Les combats débouchent sur l’avantage aux insurgés. Le Louvre et les Tuileries tombent. MARMONT se replie à Saint-Cloud par les Champs Elysées et le Bois de Boulogne. TALLEYRAND fait noter à son secrétaire : la branche ainée des Bourbons a cessé de régner sur la France. La victoire de l’insurrection est totale.

THIERS, rentré au gouvernement provisoire, lance un appel au Duc d’Orléans, le 30 juillet. Les 3 Glorieuses ont fait au moins 1.000 victimes, 200 militaires et 800 insurgés. THIERS triomphe.

Le Duc d’Orléans accepte la Charte et devient Roi des français, Louis-Philippe 1er .

Le rôle du peuple était fini, celui du Roi commençait. Alfred de VIGNY raconte les combats des 3 Glorieuses dans une célèbre nouvelle : la canne de jonc (ou vie et mort du capitaine Renaud). Tout ce qui compte de politicards s’empresse d’envahir le Palais royal où Louis-Philippe est encadré par LA FAYETTE et LAFITTE. La course aux bonnes places est lancée. THIERS sera récompensé entre les vainqueurs. C’est la course aux récompenses distribuées, au détriment des « épurés », souvent par les résistants de dernière heure, ceux que l’on nomme en politique, les « godillots ».

Une liste des destinataires de la médaille « croix de juillet » est établie, 2.000 médailles sont frappées par l’Hôtel des monnaies. « Médaille de la résistance » de l’époque.

Magistrats, préfets, sous-préfets, responsables d’administration sont révoqués par centaines. Place aux « jeunes loups » (j’anticipe, le RPR n’existait pas !)

LA FAYETTE gère 70.000 demandes à lui tout seul. Des personnalités émergent. HAUSSMANN, blessé, quémandera une sous-préfecture. Casimir PERIER devient président de la Chambre des Députés, MIGUET, ami de THIERS, conseiller d’Etat aux ministère des Affaires étrangères. THIERS écope de la Légion d’Honneur. Il devient également député. Il sera à partir de 1830 et jusqu’à sa mort, un homme politique. Il fera profiter de la situation, le cénacle de ses amis de jeunesse. Hormis CAREL, qui, déçu, prendra la direction du « National » et ne fera pas de cadeau à THIERS.C’est la politique des « petits copains » comme on dit aujourd’hui.

THIERS se marie en 1833. Il  épouse, en la personne de Melle Elise DOSNE, le capital, avec un grand « C». Les DOSNE sont immensément riches, propriétaires des mines d’Anzin.    (annexe)

En 1830 pour se présenter aux législatives et être électeur, THIERS doit justifier le cens : au minimum 1.000 francs d’impôts annuels. La Société immobilière (DOSNE) lui cède un immeuble à Paris, valeur déclarée 100.000 francs, crédit total et gratuit pour  M. THIERS. Le 18 octobre 1830, il signe l’acte d’achat par trafic d’influence. Le 21 octobre, il est élu député à Aix. THIERS pour remercier son bienfaiteur, le fait nommer receveur général à Brest. Sophie DOSNE, mère d’Elise et maîtresse de THIERS, ne suivra pas son mari Alexis, conciliant. Un vrai bonheur pour les amants. 

THIERS organise, en 1831, la répression contre les canuts de Lyon poussés à la révolte par d’épouvantables conditions économiques. Casimir PERIER déclara à la Chambre : « il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation ». On se croirait en 2010, avec FILLON, muet face au chômeurs en « fin de droits ».

Contre les insurgés, THIERS déclare : « il vaut mieux l’arme blanche que l’arme à feu »; pour ne pas voir dans la presse : « on tire sur le peuple » ce qui alerterait  l’opinion publique.

Ce ton prémonitoire hypocrite, annonce déjà la férocité de la répression de la Commune de Paris. THIERS détestait le peuple et plus particulièrement les ouvriers dont il avait peur.

En 1832, suite à l’épidémie de choléra, Casimir PERIER meurt le 16 mai. THIERS devient Ministre de l’Intérieur (1er flic de France) dans une France au bord de la guerre civile. Des légitimistes aux républicains, les conditions des affrontements sont réunies. Il réprime les émeutes de 1832. Ces émeutes serviront de toile de fond à Victor HUGO dans son livre « les Misérables ».

Il fit arrêter, par dénonciation vénale, la duchesse de Berry, enceinte, qui tentait de soulever la Vendée. Elle est incarcérée dans la forteresse de Blaye. C’est un exploit digne d’un FOUCHE.

THIERS est rappelé au Ministère de l’Intérieur, le 4 avril 1834 pour diriger la répression contre l’insurrection sociale des mutualistes de Lyon, suivie par l’insurrection républicaine de Paris, à l’occasion de laquelle BUGEAUD se distingua par l’un de ses crimes contre des civils : le massacre de la rue Transnonnain, commandité par THIERS. Il y eut au total environ 500 tués dans Paris.

THIERS devint et resta maître de la répression contre le peuple insurgé.

A partir de 1834, les républicains renoncent aux insurrections pour y revenir en 1848.

Dans cette période, Louis-Philippe subira dix attentats anarchistes. Le plus célèbre fut celui de FIESCHI : 17 morts mais le Roi en sort indemne. La culotte de THIERS pleine du sang du Maréchal MORTIER, tué net par la « machine » infernale de FIESCHI. Le 30 janvier 1836, FIESCHI, MORY et PEPIN furent jugés et guillotinés.

THIERS est devenu, par ses agissements, l’homme politique le plus haï de France. Même après sa mort, la ville du Havre a proposé au conseil municipal de débaptiser, en 1990, la place Thiers. On peut regretter que la démarche n’ait pas aboutie.

Sous Louis-Philippe, en début de règne, la politique de développement économique n’est pas négative : la machine à vapeur (625 en 1830, 4.833 en 1847), l’industrie, les mines, les chemins de fer, les canaux se développent.

THIERS propose et obtient le retour, le 15 décembre 1840, des cendres de NAPOLEON ; un coup médiatique. Malgré le discours de LAMARTINE à la Chambre, THIERS obtient le retour et s’occupe de tout. Ironie de l’histoire, il ne sera plus Président du Conseil au retour des cendres.

THIERS, instigateur de l’affaire d’Orient a bien failli entraîner une nouvelle guerre avec l’Angleterre, mais Louis-Philippe plus clairvoyant, mettra son veto à cette aventure périlleuse. Il déclara à propos de THIERS : « il veut la guerre, je ne la veux pas…. Je le briserai plutôt que de rompre avec toute l’Europe », il fait passer le message à METTERNICH et à la Reine VICTORIA.

Lle personnage de Louis-Philippe, Roi des français mériterait sans doute une planche particulière ; d’autant que Louis-Philippe n’était pas d’accord avec la férocité des répressions opérées par THIERS.

Les crises financières, les faillites, la crise économique, l’émigration des ruraux vers les centres industriels et miniers font naître un prolétariat exploité jusqu’à l’esclavage.

Parallèlement à cette paupérisation du peuple, des idées nouvelles naissent dans ce siècle des Lumières. Des philosophes conscients de la condition ouvrière, proposent des réformes en profondeur de la société, des solutions pour rendre plus de justice sociale.

La vie difficile rend insupportable l’étalement du luxe des nantis, les fêtes princières à Vincennes ou ailleurs. Victor HUGO écrit : « c’était comme un nuage de haine autour de cet éblouissement ».

Le peuple ne retenait que l’éternel « tous pourris ». Les utopistes portent sur les fonds baptismaux, le socialisme. Le positivisme d’Auguste COMTE inspira le soutien de Benjamin CONSTANT à la monarchie constitutionnelle de juillet. B. CONSTANT fut lui-même secrétaire de SAINT-SIMON.

Louis BLANC, RASPAIL, PROUDHON, Pierre LEROUX (4 francs-maçons) SAINT-SIMON, BLANQUI, MARX, ENGELS et FOURRIER jettent les bases du socialisme. Le communisme apparait mais ce terme ne correspond en rien au communisme né au Congrès de Tours en 1920 (planche à envisager).

Mr THIERS à partir de 1830, député orléaniste et libéral, sera complice de l’ autiste GUIZOT.

THIERS à l’époque est partisan de Louis-Philippe, le régime de la monarchie constitutionnelle lui convient. En raison de son attitude belliqueuse dans l’affaire du conflit égypto-turc, au Moyen-Orient. Louis-Philippe, ne souhaitant pas de conflit avec l’Angleterre, écarte THIERS du gouvernement en 1840. C’est alors la traversée du désert, THIERS ne reviendra au gouvernement qu’en 1870.

1841-1847, sont les années heureuses de THIERS, il voyage. Entre 2 voyages,  il est choyé entre son ancienne maîtresse, Sophie DOSNE, la fille de Sophie devenue son épouse, et sa belle-sœur. THIERS vit dans le péché. Il assume son machisme, il affirme : « les femmes ont souvent de l’esprit, rarement de l’intelligence » Selon BALZAC, « Delphine de Nucingen livrait ses 2 filles à Rastignac ».

En 1844, THIERS est alors rédacteur en chef du quotidien « le Constitutionnel ». Lamartine dit de lui : « il avait assez de salpêtre en lui pour faire sauter 10 gouvernements ».

Trois femmes sous le même toit pour lui seul, quelle santé ! En outre, certains contemporains l’accusent de se livrer à des orgies et d’ajouter quelques maîtresses de passage, quelle énergie dans le vice !

Dans cette période où les bourgeois s’enrichissent, le monde rural, 75% de la population sur un total d’environ 35,5 millions d’âmes, réduit sa consommation de produits artisanaux et industriels. Une crise économique sans précédent, ébranle le secteur artisanal et l’industrie.

Le chômage urbain augmente et son corollaire, la mendicité. Le ministère GUIZOT est borné et ne veut rien savoir, rien réformer, rien, rien, rien dira-t-il.

LAMARTINE compare GUIZOT à une borne monolithique. Louis-Philippe ne veut rien entendre, il refuse d’étendre le droit de vote en abaissant le cens, fixé à 200 francs de contribution minimum par an. Même THIERS avant d’épouser la fille DOSNE ne pouvait se permettre de voter et de se présenter aux élections. Seulement 240.000 électeurs sur 35,5 millions d’habitants exercent le droit de vote en 1848. La Chambre des députés, dans ces conditions, n’est absolument pas représentative du peuple : « Chambre blanche horizon ».

Après son départ, écarté par Louis-Philippe, du gouvernement en 1840, il siège à la Chambre dans les rangs de l’opposition. Si en 1845 il vote le budget, et en 1848, il vote le soutien à Louis-Philippe sur la question de la Régence, ce sont les seules exceptions. En 1847, il s’associe au programme commun de l’opposition autour de la réforme parlementaire et par voie de conséquence aussi de la réforme électorale.

Son adversaire GUIZOT prend ses désirs pour des réalités. Il rêve d’un grand parti conservateur propice au profit basé sur la croissance économique. Mais le partage n’est pas équitable, il est injuste. Les salaires des ouvriers baissent. Il faut une loi de 1842 pour interdire d’employer des enfants de moins de 8 ans et pour interdire le travail de nuit aux moins de 12 ans.

Les ouvriers crieront leur révolte en 1848 sur les barricades. La prospérité économique s’est muée en crise (c’est travailler plus pour gagner moins !) faillites en cascade, chômage, augmentation du pain (aujourd’hui la baguette est passée à 1 euro, il n’y a pas si longtemps c’était 1 franc, et personne ne réagit).

Une crise majeure se fait jour. Plus la vie est difficile pour les prolétaires et les pauvres, plus la vision des abus des riches, des privilèges, du luxe étalé au grand jour, et des scandales immobiliers et financiers, sont insupportables.

Victor Hugo écrira à l’époque : devant  le luxe étalé par les riches : une provocation par rapport à la misère du peuple.

   « C’était comme un nuage de haine autour de cet éblouissement du moment »

  • La révolution de 1848

Comme tout rassemblement était interdit, l’opposition organisa une campagne des banquets. Louis BLANC participa à cette campagne.

La campagne des banquets de 1848 aboutit sur un grand banquet final à Paris .

Thiers « pompier pyromane » attisera le feu en restant dans l’ombre. Il veut  faire tomber Guizot, il ne souhaite pas renverser le gouvernement .Il participera à la chute de la royauté sans  le vouloir. 

 

Le  22 février c’est le banquet final il a lieu malgré l’interdiction, « sous forme d’émeute »

Le 22 et 23 février  la Garde Nationale, convoquée par le gouvernement, n’obéit pas.

Ceux qui obéissent crient : « vive la réforme ».

Le roi congédie Guizot.

Dans la soirée du 23 un coup de feu est tiré sur les soldats qui gardent le Ministère des affaires étrangères (comme en 1830.rue Transnonnains)

Les soldats tirent, 16 cadavres sont entassés dans une charrette qui fait le tour de Paris.

On crie vengeance on égorge le peuple.

Huit cents manifestants crient, vive Thiers !, vive la réforme ! À bas Guizot !.

Le roi fait appel à Mollé un proche de Thiers pour remplacer Guizot.

Mollé accepte mais estime qu’il est impossible de gouverner sans Thiers. Un messager vint chercher Thiers. Il lui dit : « je suis pressé il me faut des ministres »

Il est déjà trop tard !

Un nouveau bilboquet annonce le tandem Thiers –Mollé chargé de former un nouveau Ministère. Il est placardé par voie d’affiches sur les murs c’est signé Odilon Barrot Thiers.

Mais les révoltés de 1848 ne veulent pas se laisser voler leur révolution comme en 1830 !

Beaucoup  ont participé aux deux évènements.

Thiers proposera au roi un plan pour  juguler l’insurrection. Il le reprendra en grande partie

Pendant la Commune. Le roi Louis Philippe ne veut pas faire tirer sur le peuple.

Il dit à Thiers, récusé par la rue: «Vous voila à votre tour impopulaire ……ce n’est pas moi qui répudie vos services ».

 

Il nomme Barrot nouveau président du Conseil. Il  signe son abdication au profit de son petit fils le comte de Paris sous la régence de la Duchesse d’Orléans.

 

 Il  s’enfuit aussitôt en voiture. Il gagne l’Angleterre ou il restera en exil jusqu’à sa mort.

 

·    Le 24 février 1848, un gouvernement provisoire est constitué, dans l’attente des élections d’une nouvelle Chambre des députés.

IL est composé de Dupont de l’Eure, Président du conseil, Lamartine affaires étrangères,

Crémieux,  orléaniste, Ledru Rollin, républicain, Cavaignac, républicain autoritaire, Louis Blanc, socialiste, Arago, savant F :. M :.

 

Le gouvernement provisoire met en œuvre les principes de 1789 :

·   Hyppolite Carnot propose de laïciser l’enseignement sans succès, par contre il obtient l’augmentation du salaire des professeurs

·   Ledru Rollin fait établir le suffrage universel masculin

·   Victor Schœlcher  secrétaire d’état d’Arago promulgue le décret signé Lamartine du 27 avril 1848 de l’abolition de l’esclavage

·   Suppression de la peine de mort pour les délits politiques

·   Suppression des octrois

·   Ouverture au peuple de l’accès à la Garde Nationale

·   Suppression de la prison pour dette

·   Suppression des châtiments corporels

·   Proclamation de la République

·   Elaboration de la constitution de 1848

·   Louis Blanc, pour endiguer le chômage, propose et obtient, la création des Ateliers Nationaux : sortes de coopératives subventionnées par l’état. Il participe à la commission du Luxembourg ou l’on réfléchit à l’amélioration de l’organisation du travail.

·   Le 2 Mars la journée de travail est limitée à 10 heures à Paris ; 11heures en province

 

Il faudra attendre1895 pour que l’abolition de l’esclavage soit effective dans les territoires

français d’outre –mer.

En 1980 une enquête de l’O.N.U. démontre qu’il existe encore de nombreux esclaves sur la planète. Frédérique MITTERAND en a témoigné récemment.

 

Suite à une manifestation ayant pour objet le report des élections Ledru Rollin diligente une brutale intervention militaire .

 

Le 9 mai suite aux élections de l’assemblée 500 républicains modérés sont élus ,100 républicains radicaux, et 200 monarchistes formant le parti de l’ordre.

Mr Thiers est élu sous cette étiquette réactionnaire en toute logique .

 

Une partie importante des républicains s’allie au parti de l’ordre pour faire fermer les ateliers nationaux sur les conclusions d’un rapport fallacieux, sous prétexte d’un coût trop élevé pour les caisses de l’état.

Le 22 Juin 1848 Paris se révolte contre cette mesure réactionnaire à l’encontre des plus défavorisés .mais aussi contre la mainmise du clergé sur l’enseignement .

 

Le général Cavaignac soigneusement choisi parce qu’il est républicain et très autoritaire

Est chargé de rétablir l’ordre.

Il réprime dans le sang l’insurrection parisienne des ouvriers .

·    Environ 5000 insurgés sont massacrés

·    4350 sont déportés en Algérie

·    11000 personnes sont arrêtées

L’église soutient la répression  et le parti de l’ordre contre la laïcité dans l’enseignement.

 

Les bourgeois sont rassurés, leurs privilèges préservés. L’ordre règne. Les « rouges sont jugulés.

La République sociale est morte, la réaction triomphe.

 

En raison de la férocité de Cavaignac mais aussi de la situation économique et sociale. L’électorat se modifie au profit des bonapartistes. Thiers et les Dosne ont été courtisés par Napoléon 3,si bien que Thiers est devenu le plus ardent soutien du prince lors de sa campagne électorale.

Il fera son éloge dans son journal « le Constitutionnel ».

 

Voici les résultats de l’élection présidentielle L(Décembre)

sur 9millions d’électeurs         

·    Napoleon 3  obtient  75% des suffrages 5 434 000 voix

·    Cavaignac     obtient 19%         1 450 000 voix

·    Les 3 autres candidats dont Lamartine (7910 voix) et Ledru Rollin se partagent 6% restants

Aux Législatives L(septembre)

·    Le parti de l’ordre est majoritaire avec 53% des voix

·    Les démocrates (socialistes) obtiennent une belle avancée 25%

·    Les modérés sont laminés avec 11%

 

Les conservateurs sont effrayés par l’avancée des ROUGES.

 Napoléon 3

Thiers sera durant deux ans « conseiller spécial du Prince Président » .Il pensa  pouvoir le manœuvrer. Or l’inverse se produisit. Le Prince Président s’avéra plus retors que Thiers. Thiers aura des doutes sur leur fidèle amitié lorsque Napoléon 3 tenta en sous main de racheter  « le constitutionnel » trop tard !  L’auteur de l’extinction du paupérisme fomentera et réussira son coup d’état. La constitution ne lui permettait pas de se présenter aux élections quatre ans plus tard.

Le 2 décembre il est arrêté. Le 6 décembre il est relâché, le temps de réussir le coup d’état.

 

Thiers poltron s’exile 8 mois.

Il revient pour assumer sa charge de député ultra conservateur.

 

Thiers reprend la tête de l’opposition le 17 janvier 1851par un discours à la chambre.

 

Sentant le vent tourner il prédit la chute de l’Empire.

Il passe dans l’opposition républicaine « conservatrice »

 

*Il  vota les trois lois les plus réactionnaires de cette période. :

 

·    loi sur la presse de Juillet 1849, remet en vigueur le droit de timbre, rend obligatoire la signature des articles, augmente le cautionnement. Thiers oublie le journaliste qu’il était en 1830.

 

 

·    Il prend parti et fait voter deux lois très réactionnaires sur l’enseignement.

Le contrôle des instituteurs par l’église catholique.

La loi Falloux sur la liberté de créer des collèges religieux dans l’enseignement secondaire.

Thiers a dénoncé le danger qu’il y avait à éduquer les pauvres. Il disait : « un peuple plus instruit  serait moins enclin à cette utile résignation »

Il faut tout de même donner quelques rudiments au peuple. Les prêtres sont mieux placés que les instituteurs pour cet enseignement rudimentaire.

« L’instruction est un commencement d’aisance, l’aisance n’est pas réservée à tous ».

L’abbé Dupanloup déclara : « Mr Thiers est l’homme que les chrétiens ne devront jamais abandonner »

 

·    Le suffrage universel est remis en cause :

Par peur des Rouges Thiers inventa l’expression « la vile  multitude »

La loi proposait de nettoyer les listes électorales en réservant le droit de vote aux électeurs inscrits  depuis plus de trois ans dans leur commune.2,5 millions de prolétaires son rayés des listes .

 

Sous Napoléon 3, Thiers s’enrichit. Les mines d’Anzin rapportent, elles produisent le quart de la production totale de charbon en France. L’ «argent, le dieu de notre époque » dira-t-il. « la bonne raison de l’argent sonne aux oreilles, même pour les sourds ».

 

Napoléon 3 court à sa perte :

 

 L’expédition d’Italie  exaspéra le pape et les républicains de Garibaldi.La coûteuse désastreuse expédition du Mexique se solda par un échec  total.

Les troupes furent rapatriées en 1847 L’Empereur Maximilien prisonnier fut exécuté.

 

Bismarck obtint la neutralité de la France dans sa guerre contre l’Autriche .Vaincue à Sadowa le 3 juillet 1866  l’Autriche intègrera la Grande Allemagne unifiée avec 60 millions d’habitants. La sidérurgie allemande produisait les canons Krupp les meilleurs d’Europe .Ceux que Mr Thiers admira lors de l’exposition universelle à Paris de 1867.

 

Cette politique suicidaire  va précipiter le pays à sa perte par la guerre franco- allemande.

La crise Luxembourgeoise, la succession au trône d’Espagne (21Juin 1870) vont exacerber l’antagonisme Franco-Allemand.

 

Le 12 janvier 1870  à l’enterrement de Victor Noir, Journaliste assassiné, par le Prince Pierre Bonaparte une foule immense 200 000 personnes crie : « vive la République »

 

Thiers prophétise la chute de l’empire .Il dit à l’Empereur  en 1870 « au train où vont les choses j’irai peut-être vous serrer la main dans l’exil  »

 

Léopold de Hohenzollern se porte candidat au trône d’Espagne .

Bismarck savait que la France prise en tenaille ne pouvait pas accepter cette situation.

Il veut la guerre .La France qui n’est pas prête, va tomber dans le piège malgré les nombreux avertissements pathétiques de Thiers à l’Assemblée.

Le 19 juillet 1870, c’est la France qui va déclarer la guerre à l’Allemagne une aubaine pour Bismarck qui a falsifié la dépêche d’Ems.

 

Début août  toute l’Alsace Lorraine est envahie.

Le 9 août l’Impératrice Régente remplace Emile Ollivier rendu responsable de la défaite par Cousin Montauban comte de Palikao comme Président du conseil .Responsable mais pas coupable dirait-on aujourd’hui .

 

Le 11 août à la Chambre :Thiers intervient : « je vous suppliais de réfléchir avant de déclarer la guerre .Je ne pouvais pas le dire : la France n’était pas prête ».

 

Le 18 août, Mérimée diligenté par l’Impératrice se rend chez Thiers pour lui demander  conseil.

 

Le 2 Septembre C’est le désastre : l’armée française est dans le gouffre .Napoléon 3 est prisonnier,  Mac Mahon gravement blessé. Bazaine encerclé à Sedan avec 130 000 soldats doit se rendre .

 

Le 3 Septembre le roi de Prusse reçoit l’acte de reddition de l’armée française « de Sedan » au château de Bellevue. L’Empereur est ensuite interné au château de Kassel en Allemagne .

 

Le 4 Septembre L’Empire est à terre. Palikao, le pillard du palais d’été de Pékin s’enfuit en Belgique . La République est proclamée , Jules Ferry, Gambetta composent le gouvernement de Défense Nationale dans lequel il n’y a aucun socialiste .Ils sont volontairement écartés.

 

Quand je pense que cet imbécile de Christian Estrosi a eu le culot, en 2008, de demander

Le rapatriement des cendres de Napoléon 3 pour 2010 et que Bernard Accoyer veut le réhabiliter .Nos politicards n’ont aucun scrupule, aucune pudeur.

 

Trochu, chef du gouvernement , tout le gouvernement, Rochefort compris, sollicitent Thiers pour appeler de l’aide auprès des autres pays européens.

 

A 73 ans, Thiers entreprend un voyage de 2 mois à marche forcée, au terme duquel il revient bredouille, de nuit, à Tour le 21 Octobre 1870.

 

Le 30 Octobre on apprend la reddition de l’armée de Metz 170 000 soldats sont faits prisonniers.

 

Thiers se rend dans Paris assiégé, avec l’accord de Bismarck !. Il passe la Seine en  barque sous les bombardements.

L’hiver 1870-1871 est très rude, la famine s’installe dans Paris assiégé par les Prussiens qui occupent le quart Nord-est du territoire. Dans Paris, on mange du chien, du rat et tous les animaux du jardin des plantes.

Bismarck dira lors des négociations : « des enfants dans Paris ! il reste des enfants ? je croyais que vous les aviez tous mangés ! »

 

Le 1er Novembre Thiers se présente devant Bismarck : il demande un armistice  qu’il n’obtient pas.

Au bout de 2 autres tentatives Il obtient un protocole de paix pour ravitailler Paris et organiser des élections nationales. Un cesser le feu de 20 jours.

.L’arrêt des combats est signé Le 28 janvier 1871 par Jules Favre et Bismarck.

 

Le 17 février Thiers est élu chef du Pouvoir exécutif.

 

Le 21 février Thiers négocie avec Bismarck les conditions de Paix  (Cinq jours de négociations ininterrompues)

 

C’est la capitulation .La France vaincue doit consentir les conditions des accords de paix qui seront ratifiés par l’assemblée de Bordeaux nouvellement élue .

 

A savoir :

·    Le paiement d’une indemnité de  5  Millions or ;

·    Le rattachement de l’Alsace-lorraine à l’Allemagne ;

·    Belfort garde un statut particulier

 

 

Seul contre tous, PARIS résiste. C’est le début de la Commune de Paris. Tous s’attendaient à la révolte de Paris. 
  Le parti de l’ordre en 1848 c’était la coalition des monarchistes qui attendaient  leur  heure pour anéantir la République et le Socialisme naissant.

Thiers a eu peur .Il veut faire payer cette peur aux ouvriers.

A 73 ans il veut prendre la tête des conservateurs réactionnaires fussent-ils Monarchistes ou républicains.

 

Le 14 août 1870, une partie des troupes d’illuminés blanquistes se lance à l’assaut. De la caserne de pompiers de la Villette à Paris, en ayant pour but d’instaurer la République. Ils vont de la Villette à Belleville en criant « vive la république, mort aux prussiens ». Vite arrêtés, le Conseil de guerre prononça 4 condamnations à mort.

Le 14 septembre 1870, TROCHU, gouverneur de Paris, passe en revue la Garde Nationale, 300.000 hommes échelonnés sur les boulevards, une acclamation immense s’éleva.

Jules FAVRE (Pétain avant l’heure), négocie à Ferrières. Des négociations de Ferrières avec BISMARCK, rien n’avait transpiré, elles avaient scellé la capitulation aux conditions de l’occupant.

Le Comité des 21 arrondissements de Paris se réunit : Il demande au gouvernement la lutte à outrance.

Jules FERRY les reçoit, donne sa parole d’honneur que le gouvernement ne traiterait pas avec l’Allemagne. Il fit la promesse d’élections municipales pour la fin du mois. Trois jours ont suffi pour tout annuler par décret, et donc plus de municipales et capitulation devant l’ennemi..

Le chef de l’état-major de TROCHU déclare « la résistance est une folie, tout espoir est une chimère ». CREMIEUX, qui porte bien son nom, déclara «  les prussiens entreront dans Paris, comme un couteau dans du beurre ».

Emile OLLIVIER, Président du Conseil est remplacé, sur ordre de l’Impératrice  régente par PALIKAO, le vainqueur et pillard de Pékin. Il déserte comme un malpropre et se réfugie en Belgique.

L’Impératrice Eugénie part discrètement en Angleterre.

Du 4 septembre, TROCHU dira que ce jour a empêché un immense bouleversement social en France.

Jules FAVRE, avocat véreux, arrive le 4 septembre à 16 heures à l’Hôtel de Ville, coiffé du képi de garde national et armé d’un fusil, la barbe en bataille « ça fait révolutionnaire ». Il déclara par la suite : c’était d’empêcher la commune de s’y installer et que le Palais Bourbon ne soit pas la répétition des exigences des révolutionnaires de 1848 » - notamment d’instituer un impôt pour les riches d’un milliard de francs.

C’était archi-faux, les rouges de l’époque ne songeaient pas à s’emparer du pouvoir.

Les 3 Jules : FAVRE, FERRY et SIMON accuseront les « rouges » (comme ils disent), d’avoir voulu s’emparer du pouvoir. Les rouges  vont en fait être roulés par ce triumvirat.

« Mentez, mentez… il en reste toujours quelque chose ! » dixit  Machiavel.

Il est vrai que ROCHEFORT est encore à Sainte Pélagie. SCHNEIDER, l’affameur des grévistes du Creusot, en sa qualité de député, reçu quelques baffes de la foule, le 4 septembre.

Rarement dans l’histoire de France, 2 hommes placés aux plus hautes responsabilités de l’Etat n’auront berné l’opinion publique autant que Jules FAVRE et le général capitulard TROCHU (sauf peut-être PETAIN et LAVAL). Ils ont trahi par crainte du « péril rouge ». Il est vrai qu’il fallait négocier, mais il aurait été possible de sauver les meubles. La garde nationale bien armée sur tout le territoire dont Paris, 300.000 soldats armés de canons, de mitrailleuses, protégés dans les forts. Tout ce dispositif a été quasiment abandonné à Paris. THIERS commet l’erreur lors de la fuite à Versailles, d’évacuer les forts, le 18 février. Le 19, TROCHU reprendra le Mont Valérien inoccupé.

En province, GAMBETTA organise à Tours, une levée en masse.
La grande bourgeoisie par peur des rouges, préférait capituler, se soumettre aux fourches caudines de BISMARCK. Plutôt HITLER, que le front populaire, dira-t-on plus tard, après Munich.

Le déclenchement de la Commune dans ces conditions était inévitable. GAMBETTA s’enfuit de Paris assiégé en ballon, jusqu’auboutiste, il alla tenter de soulever la province. Paris voulait se battre, continuer la lutte contre les prussiens. Dans Paris, les ouvriers sont très nombreux : 442.000 sur 1,8 millions d’habitants (recensement 1866), plus 70.000 artisans, avec 1 ou 2 ouvriers.

La population riche occupe les 7ème, 8ème ,16ème et 17ème, les ouvriers et les moins aisés habitent le 10ème, 11ème, 12ème, 13ème, 18ème, 19ème et 20ème.

VARLIN dans son programme aux élections législatives de 1869 propose la nationalisation des banques, des assurances, des mines. L’Assemblée, élue aux 2/3 de monarchistes ou bonapartistes, méfiante de la population de Paris, siège à Versailles.

Sur les instructions de THIERS, le 13 août 1870, elle prend des mesures très impopulaires voire inapplicables :

-    suppression du moratoire des effets de commerce, des loyers et des dettes (qui étaient gelés depuis les 1ers jours de la guerre), 3 termes deviennent immédiatement exigibles, 150.000 personnes sont ainsi menacées de poursuites.

-    Suppression de la solde quotidienne des soldats de la Garde nationale (1,50 franc par jour)

Ces mesures rappellent au peuple le THIERS de 1848, chef du parti de l’ordre.

Le gouvernement décide ensuite de désarmer les parisiens, de récupérer 227 canons de Belleville et Montmartre, que les parisiens avaient payé par une souscription.

THIERS avait commandé la construction des fortifications qui entourent Paris. En 1848, il avait proposé au Roi Louis-Philippe d’enfermer les insurgés dans la ville pour mieux les réprimer.

Le 27 février, Ernest PICARD, ministre de l’Intérieur, fait placarder des affiches, sur instructions de THIERS, pour annoncer le défilé de 30.000 prussiens dans Paris le 1er mars. Le Comité central évita l’affrontement avec les prussiens par une affiche noire, malgré une réelle résistance interne.

Le 17 mars, THIERS envoie la troupe sous le commandement du général VINOY, pour s’emparer des canons sur la butte Montmartre. Le même jour, il prend soin de faire arrêter Auguste BLANQUI, réfugié chez un ami dans le Lot. Il le fait transférer en Bretagne avec ordre de tirer en cas de tentative d’évasion.

La troupe fraternise avec la population. Les 2 généraux Clément THOMAS et Claude LECOMTE, qui ont participé aux massacres de 1848, sont capturés et fusillés, leurs corps sont exposés. L’expédition VINOY tourne court.

Plusieurs tentatives de conciliation ont eu lieu, les 18 mars et 20 mai, dans l’intention d’éviter la guerre civile.  Le 7 avril 1871, 5 délégués (RAULT, LEVALLOIS, MARESTAING, LHUILLIER, Jules AMIGUES, furent éconduits sèchement par THERS qui leur dit : « que l’insurrection désarme d’abord ! ».

L’Union Républicaine des Droits de Paris tenta sa chance le 11 avril, cette coalition était composée, presque exclusivement de Francs-maçons et/ou de députés démissionnaires : Charles FLOQUET, Georges CLEMENCEAU, Edouard LOCKROY, Victor SCHOELCHER. 3 délégués se rendirent chez THIERS : BONVALLET, DESSONAZ et Armand ADAM, 2ème réponse « que l’insurrection désarme ! ceux qui auront déposé les armes auront la vie sauve ! nous ne puniront de mort que les assassins de THOMAS et LECOMTE »

La plus importante tentative de conciliation fut celle des francs-maçons. Le 11 avril, les délégués des loges reçus par THIERS se virent opposer comme réponse : « adressez-vous à la Commune ! ce qu’il faut c’est la soumission des insurgés » Le 21 avril, re-belotte, les loges envoient à Versailles de nouveaux délégués. De retour ils organisèrent au Châtelet, une réunion à laquelle participèrent 1.000 francs-maçons. Le 26 avril, une nouvelle délégation à l’Hôtel de Ville et 2.000 francs-maçons se rendirent en cortège, rue Cadet.

Suite à l’offense proférée par THIERS aux 2 Orients, le 29 avril, 10.000 francs-maçons plantent leurs drapeaux sur les remparts de Paris. Cette manifestation fut dispersée par une canonnade à partir le Mont Valérien. Beaucoup de frères moururent sous leur bannière. LEFRANCOIS, franc-maçon, déclara que « la foule a compris la haute portée morale de l’acte qui s’accomplissait ». A la barricade du pont de Courbevoie, le général versaillais et franc-maçon, MONTAUDON, laisse passer 3 délégués pour Versailles pour une ultime conciliation, mais ils n’ont rien obtenu.

L’intransigeance de THIERS démontrait sa volonté d’assassiner la Commune de Paris.

Le 11 mars, sur ordre de THIERS, VINOY interdit, en toute illégalité, 6 journaux dont le « Cri du peuple » de Jules VALLES, le « mot d’ordre » de Rochefort. Le Conseil de guerre condamne à mort les dirigeants de la journée du 31 octobre. Il condamne à mort également FLOURENS et BLANQUI (celui-ci a passé 43 ans de sa vie en prison).

Jules FAVRE se rend le lendemain à Ferrière pour s’entendre avec BISMARCK, il s’agit de préparer, avec l’aide des allemands, la répression contre Paris. THIERS exacerbe volontairement la colère des parisiens pour noyer ensuite dans le sang la dissidence.

Les mesures de harcèlement prises par THIERS vont pousser une partie de la petite bourgeoisie à rejoindre les communards.

Suite à l’insurrection du 28 mars, THIERS gagne Versailles, 100.000 parisiens des quartiers chics l’y suivent.

Le 26 mars, des élections au Conseil de la Commune sont organisées. Ce conseil comporte toutes les tendances républicaines et socialistes – jacobins majoritaires : DELESCLUZE, Félix PYAT, GAMBON, GROUSSET, à peine plus de radicaux : ARNOUD, AMOUROUX, Victor CLEMENT, BERGERET, une dizaine de blanquistes : J.B.CHARDON, EUDES, Théophile FERRE, RIGAULT, RANVIER, quelques proudhonniens : FRANKEL, MALON, VARLIN, et quelques indépendants comme Jules VALLES, Gustave COURBET.

Le quart des dirigeants de la Commune était franc-maçon
Commune de Paris.
THIERS avec l’aide de Bismarck, a eu le temps de préparer une armée de 130.000 hommes isolés à Satory. Toute tentative d’approche était punie de mort.

Le 22 mai 1871, les troupes du Général DOUAI, sous les ordres de MAC-MAHON, entreront dans Paris par la porte de Saint-Cloud, informées par les agents de THIERS, infiltrés dans Paris, de l’absence de « communeux » à cet endroit.

Suite à la seule victoire à Coulommiers, le 3 décembre 1870, THIERS, qui a dissuadé le général AUREL de PALADINE de fondre sur Paris, ne voulait qu’une chose : écraser la Commune.

Jules Ferry, maire de Paris, favorable à la répression écrira : 

« une barricade se dresse, nos soldats la tiennent, tandis qu’en face au pont Louis Philippe, le hideux drapeau rouge déploie son haillon sanglant sur une barricade qui tire encore sur nous…Je les aie vues les représailles du soldat vengeur, je me suis incliné, comme  si j’apercevais l’épée de l’Archange ».

130.000 versaillais contre 20.000 gardes nationaux, le combat est inégal.

Voici le résultat du crime de masse :

25 000 morts la plupart exécutés sans jugement en dehors des combats.

Beaucoup  n’étaient pas communards.

43 522 prisonniers partirent à pied  à Versailles vers Satory les manèges

  Ou la caserne Lobeau pour y être fusillés.

10 000 Déportés vers Cayenne ou la Nouvelle Calédonie .

1000 soldats versaillais périrent