CULTURE  

Voyage philosophique à travers "des spiritualités occidentales et orientales"
et la convergence de leurs messages
-Hug.Zin-

 
Dans l’espace sacré symbolisé par le temple et dans le temps cyclique de nos loges. n nous sommes de plus en plus éloignés spirituellement. Ce dernier est menacé par d’autres périls que le ciel qui devait nous tomber sur la tête . Depuis que la conquête spatiale a montré le vide de l’univers que nous craignions toujours car nous sommes limités, la menace vient toujours de la proximité et donc de nos relations harmonieuses avec l’autre. Et la troisième dimension ? La science n’a pas expliqué la vie et la mort qui sont des mystères pour nous.. Vivre est-ce apprendre à mourir dignement ?
 
La spiritualité fait appel à notre esprit pas dans le sens logique du terme mais dans le sens de l’incarnation et de la manifestation. Il y a quelque chose qui existe hors de notre conscience. Mon esprit participe au divin de l’intérieur, tandis qu’à l’extérieur, je participe au monde réel et j’assume mon humanité. Mon esprit participe au divin,  je participe au monde réel et j’assume mon humanité en moi, par rapport à l’autre..
 
La « spiritualité » englobe et a un écart avec les croyances religieuses ou même idéologiques à cause des dogmes. Dans sa forme la plus évoluée,  la philosophie répond à un appel intérieur évident de l’homme qui cherche ses repères: la philosophie grecque, les égyptiens, les sumériens, les gnostiques, etc.
 
Nous allons tenter d’expliquer à travers un voyage philosophique à travers les spiritualités dans le temps le sens que nous donnons à la Vie et peut-être nous nous apercevrons de la convergence de nos chemins pour tenter de retrouver la vérité et la lumière voire la sagesse.
 
Pour Aristote, le sage  cherche le début et la fin de la création. Il ne considère pas qu’ il a raison et que tous les autres ont tort. Il pose comme hypothèse un monde parfait s’il est éternel. Si on veut remonter à l’origine, tout mouvement dans ce monde, de l’orient vers l’occident et l’inverse est créé par un moteur (désir, amour) et à la fin repose sur quelque chose d’immobile (le Un, le Tout). C’est cette chose qu’étudie la spiritualité. Il  conteste donc le Dieu interventionniste des réligions.
 
Selon Platon, La vie est spiritualité. La vie n’a pas besoin de matière pour être.
La vie serait l’ensemble des fonctions qui s’oppose à la mort. L’animal rationnel que nous sommes, essayons en esprit du moins, de nous rapprocher de l’éternité., de nous détacher des choses matérielles mais en restant dans la cité.
 
Comment reconnaitre un sage ? Le sage serait un styliste, un artiste, qui transforme l’existence. Son but est d’atteindre une sorte de perfection, ce que l’on appellerait l’idéal de l’humanité achevée, morale et existentielle. Elle représente l’effort humain qui ne doit jamais se décourager quand le but élevé de cet effort lui a été révélé. Telle doit être la vie du sage. Le sage est représenté comme un être serein. 
Chacun doit pouvoir s’identifier au sage.
 
Dans le judaïsme par exemple. Le sage c’est aussi Salomon, fils de David et de Bethsabée, est un roi d'Israël selon la Bible hébraïque, sans aucune distinction de perfection humaine, il ressemble à tout le monde.
 
Les sages ci-dessous  ont  eu en commun, un parcours inverse de celui de Salomon parce qu’ils sont nés humbles et se sont mis en chemin.
Pythagore, fils de Mnésarchos, serait né sur l'île de Samos .  Socrate fils d’un statuaire et d’une sage-femme, Socrate se consacre à la philosophie et à l’école pythagoricienne.  En réalité, ils ont été condamnés à mort par les hommes politiques.
 
Confucius, dont le patronyme était Qiu et le prénom Zhongni, naquit à Quyi, ville de la principauté de Lu (aujourd'hui Qufu, dans la province du Shandong).
 
Mais le sage devrait-t-il, s’il veut être sage entrer dans l’histoire et le politique car enfin, nous sommes dans la cité ? Gandhi, Le Dalaï Lama, Martin Luther King, Nelson Mandela ont en commun d’être des figures du sage et des figures du politique.
 
Moïse est né en Égypte.  Le pharaon d'Égypte ayant ordonné la mise à mort de tous les jeunes garçons nouveau-nés des Hébreux soumis à l’esclavage, la mère de Moïse place son fils dans une corbeille et le dépose sur les rives du Nil. L’enfant est recueilli par la fille du pharaon, qui l'élève comme son propre fils. Elle lui donne le nom de Moïse, car elle l’a "tiré des eaux".
 
Le dernier Bouddha qui s’est fait connaître sur la terre, est le Bouddha Sakyamouni, le Fondateur du bouddhisme actuel. Il était né dans un petit pays au Nord de l’Inde, près de l’Himalaya et du Népal actuel. Son père était le roi Sakya Souddhodana, dont le palais était dans la citadelle de Kapilavastou. Sa mère, la reine Maya, mourut sept jours après sa naissance. Sa tante Prajapati, qui était devenue reine, s’occupait de lui et l’aimait comme son propre fils.. A 35 ans, il fut illuminé quand il était en méditation au pied de l’arbre Bodhi, et devint le Bouddha Sakyamouni.
 
Par l’intermédiaire de Moïse, Dieu avait prédit la venue d’un grand prophète (Dt 18:18). Or, aux jours de Jésus, les Juifs attendaient ce prophète (Jn 6:14).  La naissance de Jésus fait référence à celle du verbe, dans une grotte éclairée par l’étoile. Elle symbolise l’alliance avec Dieu. Jésus est considéré comme Dieu transformé en humain sans la personnalité humaine, il est donc ouvert à l’initiation et à tous les hommes.
 
Mahomet ou le Messager d'Allah est né à la Mecque. Se trouvant dans une situation précaire, sa mère Amina le confie à une nourrice, d'abord à Thuwaybah, servante d'Abu Lahab, un autre de ses oncles, puis à Halimah bint Abi Dhuayb . Il a pris l'habitude de se retirer dans les grottes des environs de La Mecque, à l'instar de ce que font les hunafâ, des ascètes de tendance monothéiste ; il y vit alors une expérience spirituelle forte qui lui fait entendre une voix, plus tard assimilée à celle de l'ange Gabriel.
 
Alors d’où venons-nous ?
 
On pose des dogmes, ou des outils de recherche que nous n’admettrons pas en tant que maçon. Ce qui existe c’est nous, on cherche à retourner vers l’Eternel. On le nomme par rapport au monde sensible. En voulant comprendre notre origine, la gnose a admis l'existence de deux mondes et de 3 Divinités, le suprême hors de tout, le bon, le créateur qui nous a engendrés, et le Mal qui n’admet pas notre présence sur la terre : un monde spirituel, parfait par essence, et un monde matériel mauvais. Le but du gnosticisme sera toujours de ramener les âmes égarées du monde matériel vers le monde spirituel.
 
Pourquoi donner du sens à la vie ? Le salut vient de la foi pour les religions révélées ou d’un enseignement spirituel transmis de maître à disciple par une initiation.
 
Pour Pythagore l’homme s’inscrit dans une filiation terrestre et divine et se purifie en faisant la connaissance de soi. L’homme est de race divine, il doit donc mourir à quelque chose pour renaître à la lumière.. Pour lui, l’être humain peut atteindre la pureté et il possède des pouvoirs spirituels.  Ce travail de recherche de la vérité se fait par un long processus d'ouverture d'esprit qui ne s'obtient que par méditation et connaissance. C'est essentiellement un acte rebelle, car il implique justement le franchissement des limites que nous impose la force des désirs de l'animal humain.
 
De Socrate, on connaît 35 dialogues, reconnus authentiques. Pourquoi des dialogues ? Contrairement aux sophistes qui passaient de ville en ville, se faisant payer pour dispenser un savoir, Socrate, lui, affirme ne rien savoir et amener les gens à se poser des questions, en démolissant leurs certitudes (ironie) ; les amener à construire de l’intérieur un savoir (maïeutique) : ce que font aujourd’hui les pédagogues les plus modernes.
 
Les philosophes occidentaux expliquent  ce monde en le transcendant pour un autre monde, un monde tout à fait  différent, appartenant à un autre ordre ; les sages de la Chine (et de l’Asie de l’Est) n’ont jamais connu que ce monde-ci,  leur pensée ne l’a jamais transcendé par un autre monde. La conception de Laozi  pour le Tao est, de ce fait représentative :  ... Les êtres et les choses doivent  leur naissance au Tao qui les entretient... Tout conduit au Tao ( Daodeying, ch.  34). Ce livre, ne mentionne Dieu qu’une seule fois (ch.4), et le place d’ailleurs  au-dessous du Tao. C’est bien en l’absence d’un monde transcendant que toutes  les sources et les forces motrices des processus de ce monde-ci viennent de ce  dernier, de son immanence. La pensée taoïste  wuwei est typique de la théorie  de l’immanence qui prend en haute considération l’immanence de l’homme,  de la société, des êtres et des choses.
 
Moïse est mentionné dans le judaïsme, le christianisme et l’islam comme le représentant de la loi, mais il n’a pas de pouvoir divin.
 
L'Ancien Testament est écrit en langage symbolique, comme tous les textes sacrés
Les cinq premiers livres de l’Ancien Testament (Genèse, Exode, Lévitique, Nombre et Deutéronome) appelés Pentateuque, et qui forment la Torah ("la Loi") lui ont également été attribués. Moïse a transmis à son peuple les dix commandements .
 
Jésus  a eu une vie de voyageur qui lui a procuré une liberté extrême. Se réconcilier avec son frère qui est l'image de Dieu bien visible est nécessaire avant d'offrir un sacrifice à Dieu qu'on ne voit pas. (Mt 5, 23-24) .Le célèbre Sermon sur la montagne rassemble et récapitule l'essentiel de l'Évangile. Les Béatitudes en sont le prologue.
 
Pour beaucoup de gens, la foi chrétienne est austère, pleine de tabous, contraignante.  Or le message du Christ commence par l'annonce du bonheur et c'est à juste titre qu'on l'appelle « Bonne Nouvelle ». Il s’est adressé aux pauvres, aux faibles, aux opprimés dans un dépouillement suggéré par l’abandon des métaux évoqué par notre rituel. Il profitait des agapes pour livrer son enseignement qui était pleins de mots justes exprimant l’expérience de la sagesse.
 
Voyant les foules, il gravit la montagne, et quand il fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.
Et prenant la parole, il les enseignait en disant :
Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux les affligés, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils posséderont la terre.
Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi.
Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers.
 
L’Islam privilégie aussi le détachement et le martyr par amour pour l’autre.
"Certes je vais vous précéder (dans l'Autre Monde) et je serai un témoin pour vous. Et (je) vous (donne) rendez-vous (auprès du) hawdh, que je regarde d'ici où je suis debout. Et je ne crains pas pour vous que vous vous mettiez à faire le chirk. Mais ce dont j'ai peur pour vous, c'est que vous mettiez à vous attacher (excessivement) à ce monde."
 
"Par Allah ! Je n'aimerai même pas que, là où Mouhammad se trouve, il soit piqué par une épine pendant que moi je suis (en paix et en sécurité) parmi les miens." En entendant cette réponse, Abou Soufyân ne put que dire : "Je n'ai jamais vu personne aimer quelqu'un autant que les Compagnons de Mouhammad l'aiment !" (Sïrat Ibn Hichâm)
 
Le boudhisme exprime que tout est esprit, et que si l’on considère la dualité onde –matière d’Enstein, mes pensées influencent mon vécu et je peux donc transformer mon existence d’humain. Ce monde de rêve que je crée rejoint le monde réel perçu par la pratique. Le Bouddha affirmait ne soutenir aucune opinion dogmatique et enseigner uniquement ce qui se rapporte à la souffrance, à son origine, à sa disparition et à la voie qui permet son extinction (les quatre nobles vérités).
 
Le non-soi (skt. Anātman pal. anatta), ou interdépendance (plutôt coproduction conditionnée) ou encore impersonnalité : de l'atome à l'univers - en passant par les êtres humains et leurs états d'esprit - il n'y a rien qui ait une existence indépendante et réelle par lui-même.
L’impermanence (skt. anitya pal. anicca) : tout est constamment changeant, tout est flux, rien n'est figé une fois pour toutes.
L'insatisfaction (skt. duhkha pal. dukkha), ou souffrance : ce n'est pas que la souffrance physique ; du fait de l'impermanence des choses, rien ne peut nous satisfaire de manière ultime et définitive.
le nirvāna, « là où il n'y a rien, où rien ne peut être saisi » (Sutta Nipāta). Il n'y a donc pas de dualité entre relatif et Absolu, le terme de vacuité désigne la même réalité vue sous deux angles.
 
L’hindouisme définit une entité subtile en soi l’âtman brahman d’où émane notre  être. le but n'est pas de garder les fidèles au temple mais de les en libérer une fois qu'ils sont épanouis spirituellement. Il n’a pas la culture du martyr mais de la réalisation de notre personnalité pleine et entière. Cet enseignement doit se faire si possible auprès d'un maître (le gourou). On peut également atteindre la délivrance sans renoncer à la vie en société. Il suffit de ne faire que les actes nécessaires et désintéressés et de s'en remettre totalement à l'aide des dieux. Ces dieux intervenants sont en particulier Shiva et Vishnu et certaines déesses avec lesquelles ils forment des couples. On voue à ces dieux une dévotion totale en espérant qu'il y aura une fusion avec ce dieu qui accepte cet amour passionné.
 
Confucius, ce philosophe et penseur chinois exerça une puissante influence sur la culture chinoise et sur son histoire même. Car dès lors que l'homme se ressent zen, il comprend que l'ordre social ne peut émaner que de sa volonté de développer la perfection qui est en lui.
 
Confucius préconise, à cet effet, de forger nos propres comportements, par Amour pour autrui comme pour nous-mêmes, selon cinq principes de base, cinq facettes de l'univers parfait dont nous sommes issus : la bonté, la droiture, la bienséance, la sagesse et la loyauté. Ainsi, comme la médecine chinoise se préoccupe avant tout de soigner la cause du mal, la doctrine confucéenne propose de soigner la cause profonde des désordres sociaux.
A la fin de la vie , l’homme se prépare à sa dernière initiation. Les vivants ont la responsabilité des morts et doivent préparer leur passage vers l’ailleurs et maintenir le contact.
 
Pour Socrate, notre âme peut être considérée par les deux mouvements opposés de la mort et de la naissance. Paradoxe de l’indétermination de l’âme qui posé à la croisée de deux mouvements n’est ni hors du corps, ni contenu dans le corps. L’âme est le Bien ou l’Un, c’est-à-dire l’indétermination absolue et inconditionnelle qui est le foyer et le point de fuite de toute vie et de toute pensée.
 
Jésus proclame un royaume éternel où vivront après la résurrection ceux qui ont pratiqué la vertu. La repentance est un acte permettant d’atteindre ce royaume éternel.
Le dogme de la rédemption dans la chrétienté stipule que Jésus christ « Issa » est mort sur la croix, résorbant ainsi tous les péchés de l’humanité.

 Cette vision est réfutée catégoriquement par l’Islam et le boudhisme qui prônent le dogme de « l’homme responsable » de ses actes et non pécheur par nature. Ainsi la notion de péché originel n’existe pas en Islam.

 
A chaque fois qu'un musulman est affecté par quelque chose de nuisible, qu'il s'agisse d'une maladie ou de quoique ce soit d'autre, Allah fait tomber (et éloigne de lui) ses péchés (mineurs) comme l'arbre fait tomber ses feuilles."
 
Ainsi, la récupération de l’âme se fera doucement ou violemment suivant la nature des personnes; dans le cas du bon croyant, l’Ange retirera l’âme à partir de la nuque et celle-ci coulera telle une goutte d’eau.
 
Après la mise sous terre du corps du défunt, l'idée générale est que le mort repose en paix, dans sa tombe. Pourtant selon l'islam, il n'en est rien. La tradition musulmane enseigne que le mort reste pleinement conscient de son état de « mort » et de son environnement jusqu'à sa mise sous terre.
 
Tous les concepts énumérés ci-dessus se rejoignent. Il faut avoir construit un temple intérieur et ils se valent tous. Je suis né dans le cabinet de réflexion après avoir été dépouillé de mes métaux et je suis passé par la porte basse symbolisant ainsi que le sage peut avoir un visage commun et être le plus petit d’entre nous.
 
Je suis en quelque sorte le laborantin qui applique ce qu'il a appris et qui expérimente en actes les connaissances acquises. Je suis tenu de poursuivre mon travail d'Apprenti  qui polit  sa pierre brute afin que celle-ci une fois polie puisse s'intégrer avec harmonie dans le temple à construire.
 
 Dans la vie profane, le Franc-Maçon doit remplir sa tâche sans rechercher ni récompenses, ni honneurs, mais uniquement de manière altruiste. En tant que tel,  je ne dois admettre aucun détour sauf lors de mes voyages à l’extérieur mais comme me l’enseigne la marche du franc-maçon, je dois revenir à la vertu.
 
Je dois abandonner toute ambition personnelle, esprit intolérant, et égocentrique, pour assumer ma responsabilité spirituelle que me permet l’initiation. Je ne dois pas oublier d’enrichir les autres en alliant dans mon travail le choix judicieux des outils et la perception avec mesure et ordre de chaque chose avec ma conscience.
 
Nous francs-maçons,  pratiquons la connaissance de soi qui ne s’opère pas par un changement linéaire dans l’individu. Elle produit une mort spirituelle  et une seconde naissance, condition du salut.
 
Hug.Zin.
22.11.2014

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