CULTURE  

Le Chevalier errant Don Quichote de la Mancha

- Laura Garcia Vitoria -
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  • Introduction

Un recherche sur les réseaux est significative quant à l’évocation du Chevalier errant qui caractérise tant de personnages, et ce contrairement à Don Quichotte qu’on ne qualifié pas de la même manière internet. Cette problématique vous la trouverez également, contraire, peut-être, à toute attente à travers de l’intelligence artificiel des outils de recherche comme Google. Google ainsi comme les moteurs de recherche et leurs commandes locales tiennent difficilement compte des complexités conceptuelles.

Il y a peu d’écrivains dont les personnages ont pénétré à ce point l'imaginaire collectif qu'ils sont devenus des noms communs. En revanche, à part les Hispanistes, rares sont les personnes à l’avoir lu entièrement

HISTORIQUE

Cervantès est né et a vécu dans l’époque espagnole du Siècle d'Or, celle-ci coïncide avec le règne des Habsbourg, l’Espagne sombrait dans une inexorable décadence, mais elle connaissait la période la plus faste de sa créativité littéraire et artistique.

Avec leur union, les rois Catholiques, s'amorce l'unification de l'Espagne, par le mariage de leurs deux aînés, Juan et Juana, ils lient le destin de l'Espagne à la puissante dynastie des Habsbourg d'Autriche. Ce fut leur fils aîné, Charles, qui hérita de leurs possessions en 1517, il est roi de Castille et de Navarre, de Cerdagne, de Sicile, de Naples, roi de Bourgogne, des Pays-Bas, de la Franche-Comté, de l’Autriche, du Milanais. A 19 ans, Charles Ier d'Espagne est sacré empereur d’Allemagne, sous le nom de Charles-Quint. La conquête des royaumes aztèque et inca agrandira encore son empire. Le soleil ne se couche pas sur ses domaines.
Charles-Quint abdique en 1556, Cervantès avait alors 11 ans et Philippe II, fils de Charles-Quint, lui succède. Héritier d'une prestigieuse dynastie, fut l'un des princes les plus puissants des temps modernes.

En 1571, la Sainte Ligue, qui réunit l'Espagne, Venise et Rome pour mettre un terme à la progression de l'armada turque, triomphe lors du combat naval de Lépante. Cervantès était à bord d’un vaisseau espagnol et il avait 24 ans.

Puis arrivèrent les défaites : En 1585 Philippe II mit sur pied l'Invincible Armada qui porta un coup mortel à la puissance espagnole (1588) et il entraîna, de même la révolte des Pays Bas. Pour les Espagnols, malgré les drames et les échecs qui parsemèrent son règne était leur modèle, l'idéal de leur vie. En 1598, après un demi-siècle de pouvoir absolu le déclin était là.

Le règne de Philippe III, abandonna le pouvoir à son favori le duc de Lerma, ne fit qu’accentuer la crise économique et financière et elle était devenue une crise morale. L'Espagne se peuplait de picaros: hidalgos ruinés mais se refusant à travailler de leurs mains, étudiants faméliques, soldats démobilisés, laquais, truands, moines et nomades. Les préjugés contre le travail déshonorant, l'anarchie honorable, les habitudes de pillage, d'ivrognerie et de paresses acquises aux armées, détérioraient le pays.

L’Espagne, dévastée par les épidémies, était devenue une société parasitaire composée de mendiants et de duellistes. Elle avait édifié une superstructure illusoire, mythique qui la rendait sourde et aveugle à un monde qui évoluait.

L’AUTEUR

Miguel de Cervantès y Saavedra naquit en 1547 sous le règne de Charles-Quint et mourut sous le règne de Philippe III. C’est dire qu’il a vécu la crise de la puissance espagnole. Quand parut la première partie du Don Quichotte en 1605, Cervantès avait 57 ans, c’est donc une œuvre de maturité, écrite par un homme, dont la vie fut hasardeuse et  difficile, avait été marquée par des déceptions et des chagrins personnels.

Il fut dans sa jeunesse l'acteur d'une aventure héroïque, puis le témoin lucide d'un temps de doutes et de crises. Don Quichotte est le rêve de Cervantès, un rêve qu’il ironise, sans y renoncer vraiment, sans cesser de le affectionner. Ce livre nous montre comment une âme fière, née pour l’héroïsme, d’expérience en expérience, se heurte à la réalité vulgaire qui cherche qu’à le rabaisser et à l’accabler. Il participa à la glorieuse bataille de Lépante, il se battit et il reçut trois coups d'arquebuse: deux à la poitrine, le troisième à la main gauche dont il perdit l’usage. « Si l'on me proposait aujourd'hui d'opérer pour moi une chose impossible, j'aimerais mieux m'être trouvé à cette prodigieuse affaire que de me trouver à présent, guéri de mes blessures, sans y avoir pris part » disait-il.

Quatre ans plus tard, il donnait sa démission de l’armée et quittait Naples muni de lettres de recommandations de don Juan d'Autriche, qui commandait la flotte à Lépante. La galère sur laquelle il s’était embarqué fut abordé, il fut fait prisonnier, avec tous ses compagnons de voyage, et emmené au marché aux esclaves. Les signatures prestigieuses de ses lettres de recommandations lui valurent d'être traité avec certains égards, mais aussi d'être vendu fort cher. Pendant ces années de captivité, il organisa, lui-même et d'autres captifs, quatre intrépides tentatives d'évasion qui échouèrent à cause de la traîtrise de ceux qui s'étaient engagés à les aider. Il fut enfin racheté en septembre 1580, ses parents s'étaient endettés pour le faire, les soucis familiaux le frappaient et les femmes de sa famille, une tante et ses sœurs, avaient une fâcheuse réputation. Miguel vivait dans une grande précarité, en décembre 1584, il épousait Isabel de Palacios, il avait 37 ans, elle à peine 20. Moins de trois ans après son mariage, il partit pour Séville où il fut nommé commissaire aux vivres pour la grande expédition navale, l'Invincible Armada, qui se préparait contre l'Angleterre. Il fut nommé collecteur d'impôts: il devait collecter 2,5 millions de ducats, qui étaient des arriérés des taxes dans la région de Grenade. Il reprit donc la route, mais il n’était pas doué, et se retrouva parfois en prison. Las de courir les routes, il sollicita un poste dans l'administration en Amérique qu’on lui refusa cruellement. Quinze ans d'errances et d'épreuves ne lui avaient apporté que des déceptions, mais elles furent en réalité dix années d'expériences irremplaçables au fil desquelles se forgèrent les armes qui lui permirent de devenir Cervantès.

Cervantès n'a plus d'illusions, il aurait pu devenir amer, aigri, or il semble y avoir gagné une sagesse, faite d'ironie subtile, il porte sur le monde et sur les hommes un regard lucide et tolérant. C'est ce mélange d’ironie et de tendresse, de bonté foncière qui donnera une résonance si profonde à ses œuvres de maturité, et particulièrement à cet ouvrage. Jusqu’à la fin de sa vie, il vivra dans la plus extrême précarité.

Pendant les longues années soldat et de captivité il apprit la patience dans l’adversité. Il perdit la main gauche à la bataille navale de Lépante mais malgré sa laideur, il la tient pour très belle, car elle lui fut faite en l’occasion la plus mémorable et élevée qu'ait vue les siècles passer et que puissent espérer voir les siècles à venir alors qu’il servait sous les drapeaux vainqueurs de la guerre de Charles-Quint.

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Don Quichotte - Sancho


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