CULTURE  

Symbolisme de l’encens en Asie - Convergence maçonnique

- Z.N -
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Les bâtons d’encens font partie intégrante de la vie des vietnamiens. Chaque moment est célébré par l’allumage d’un ou plusieurs bâtons : naissance, mariage, mort, fêtes du têt, génies du foyer… et ces fumigations sont pratiquées en tous lieux : temples, pagodes, pagodons, au foyer, sur les autels…
Brûler de l’encens à une forte valeur symbolique avec ces volutes qui relient la terre au ciel et attirent l’attention des esprits. Ces fumées permettent d’associer l’humain aux esprits, le fini à l’infini, le mortel à l’immortel…
 
L’encens est présent dans toutes les religions et cultures asiatiques. Le culte taoïste a fait des brûle-parfums le symbole le plus important de la communauté, emblême de l’unité sociale par le partage de l’encens. Confucius y fait plusieurs fois référence par exemple quand il dit « Puissent vos paroles être parfumées comme l’encens ! ». Pour les bouddhistes, l’encens est non seulement utilisé lors de cérémonies initiatiques des moines mais aussi lors des rites quotidiens et à l’occasion des baptêmes, exorcismes et autres cérémonies.
 
En Chine il est recommandé de brûler de l’encens avant de consulter les dieux. L’encens joue également un rôle important lors des cérémonies et des processions funéraires où il agit comme désinfectant et représente le cadeau offert au sens olfactif de l’âme en partance.
A Canton, durant la troisième semaine du douzième mois, on procède à un grand nettoyage de la maison et la fumée de 3 bâtonnets d’encens chasse le démon de la pauvreté. Au Viet Nam, après des funérailles, un culte est rendu le 3ième jour, le 49ième jour et le centième jour. Et ces jours-là il faut brûler continuellement des bâtons d’encens !
 
Mais de fait, pour satisfaire l’ensemble des esprits, il convient de brûler de l’encens tous les jours chez soi ou au temple. Ainsi, on peut juger de la popularité d’un temple au nuage d’encens qui obscurcit l’intérieur. Il suffit de voir les énormes spirales d’encens suspendues au plafond. Pour revenir aux bâtons d’encens, à l’exception des rites funéraires, ils sont utilisés en nombres impairs et généralement 3. Tiens, un chiffre qui nous est familier en Franc-Maçonnerie.
 
L’encens est représenté en Chine par le caractère Xiang qui sous sa forme ancienne représente une bouche, donc la capacité de s’exprimer, de communiquer, surmontée d’une plante, ou d’un petit arbre produisant une pluie de gouttelettes de lait. Xiang représente donc littéralement en chinois ancien : « La sève qui permet la communication ». Le parfum est désigné par le même caractère et se confond avec l’encens. Il désigne également le parfum de la vertu, la bonne renommée, le bon exemple.
Le caractère moderne Xiang est simplifié. Il représente un arbre surmontant le soleil. Il renvoi donc à la fois à la clarté et au développement qui va de pair avec la vision positive de l’encens. Xiang permet donc de qualifier quelqu’un ou quelque chose de façon élogieuse. On le retrouve naturellement dans la littérature et la poésie pour encenser une personne ou un objet. D’ailleurs, Hong Kong est en réalité Xiang Gang : le port parfumé ou le port bien côté favorable aux affaires.
 
L’utilisation de l’encens ou plutôt du parfum nous renvoie aussi une image d’un travail alchimique avec les différentes résines Oliban, benjoin, myrrhre… qu’il faut mélanger subtilement avant de les brûler. L’art du parfumeur et sa connaissance des différentes résines lui permettent, grâce à une infinité de mélanges subtils, de doser cet encens en fonction de son utilisation et de sa destination : méditation, travail intellectuel, purification d’un lieu, sommeil ou au contraire veillée, cérémonie religieuse ou civil et même aphrodisiaque…

En Chine, par exemple, on distinguait six sortes de mélanges d’encens : le tranquille, le reclus, le luxueux, l’esthétique, le raffiné, le noble.
 
Mais l’encens n’est pas qu’un symbole asiatique. Les Grecs le nommaient Sariba, c’est-à-dire « Secret ». Tiens encore un mot qui nous est familier. Et dans la mythologie chrétienne, Gaspard le roi mage qui représente l’Asie apporte en présent justement de… l’encens. Il peut donc symboliser un pont entre l’orient et l’occident.
 
D’ailleurs, certains de nos FF. : et SS. : qui pratiquent le rituel de Memphis Misraïm utilisent dans leurs cérémonies de l’encens qu’ils nomment Parfum comme le caractère Xiang :

Le M. : des C. : verse en 3 fois le Parfum Sacré et le V. :M. : dit « Que ce Parfum de suave odeur apaise nos âmes, atténue nos passions et qu’il nous rende fraternels les uns pour les autres, en élevant nos esprits et nos cœurs ».
 
En conclusion, si dans certaines cérémonies de notre atelier nous pouvions intégrer parfois de l’encens, nous pourrions être proche à la fois de la maçonnerie et du Vietnam. Il s’agit d’une réflexion que nous pourrions mener au cours de cette année.

 Z.N
L.V.N



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