Espoir, espérance, utopie
(La force des mots, le poids des actes). 
- Christian. W.


   I Have a Dream (je fais un rêve).Le 28/08/1963, aux pieds du Lincoln Mémorial, Martin Luther King, fait le discours qui est encore aujourd’hui considéré comme un des plus grands et des plus marquants du XX° siècle.

  Ce message d’espoir est célèbre dans le monde entier. Martin Luther King prononcera 7 fois la célèbre antienne. Je vous en cite deux: «Je rêve qu’un jour, notre nation se lèvera pour vivre véritablement son crédo: Nous tenons pour vérité évidente que tous les hommes ont été crées égaux», «Je rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère». 

Le 04/11/2008 Barack Obama est élu Président des Etats-Unis d’Amérique. Il aura fallu attendre 45 ans depuis le discours du célèbre pasteur. Mais si le temps à de l’importance pour les contemporains d’un événement il n’est rien au regard de l’histoire qui ne retient que les dates. Certains l'ont oublié mais tout au long de ces 45 ans le fil rouge sera une phrase, tirée d’une chanson de Lee Dorsey: «Yes we can!». Reprise par les communicants du futur Président des Etats Unis, cette phrase se voit promise à un bel avenir.

Réjouissons-nous qu'à l’ère du marketing, ou le célèbre slogan «Just do it» symbole de l’individualisme triomphant et du désir de consommation effréné, a bercé toute une génération, de  le voir remplacé, dans la bouche de tous ces jeunes par le collectif «Yes we can». Ceci est bien le symbole d’un mouvement profond.

   Dans la nuit du 12/13 aout 1961 débute la construction du mur de Berlin. Pour les hommes de ma génération, abstraction faite de la Shoah,  il reste toujours le symbole de l’infamie suprême. Depuis le balcon de l’hôtel de ville de Berlin, Le Président Kennedy prononce la célèbre phrase: «Ich bin ein Berliner». Ce discours est considéré comme un des meilleurs de Kennedy, je  vous cite un court extrait:

«Il y a beaucoup de gens dans le monde qui ne comprennent pas ou qui prétendent ne pas comprendre quelle est la grande différence entre le monde libre et le monde communiste.

Qu’ils viennent à Berlin!

Il y en a qui disent qu’en Europe et ailleurs, nous pouvons travailler avec les communistes.

Qu’ils viennent à Berlin!

Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n’est pas parfaite. Cependant, nous n’avons jamais eu besoin, nous, d’ériger un mur pour empêcher notre peuple de s’enfuir. Le mur fournit la démonstration éclatante de la faillite du système communiste. Cette faillite est visible au monde entier. Nous n’éprouvons aucune satisfaction en voyant ce mur, car il constitue à nos yeux une offense non seulement à l’histoire mais encore une offense à l’humanité.

Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont citoyens de Berlin. C’est pourquoi, en tant qu’homme libre, je suis fier de dire:

Ich bin ein Berliner (Je suis un Berlinois).

 

28 ans plus tard, sans ordre concret ni consigne, mais sous la pression de la foule, le point de passage de la Bornholmer Straße est ouvert peu après 23 h, suivi d’autres points de passage tant à Berlin qu’à la frontière avec la RFA. Nombreux seront ceux qui assistant en direct à la télévision en cette nuit du 9 novembre se mettront en chemin. Et ainsi, simplement, que le tristement célèbre mur tombera. 
 

   Le 17/12/2010, Mohamed Bouazizi, s’immole par le feu devant le siège du gouvernera de Tunisie dans la ville de Sidi Bouzid. Ce jeune homme de 26 ans, vendeur de fruits ambulant travaillait sans posséder d’autorisation officielle. Son activité de vendeur constituait le seul revenu de sa famille. S’étant fait confisqué plusieurs fois sa marchandise par les employés municipaux, c’est après s’être fait insulté et chasser alors qu’il demandait qu’elle lui soit restituée qu’il se suicidera comme Jan Palach le fit avant lui à Prague le 16 janvier 1969.

En quelques jours l’émotion suscitée par ce geste de désespoir provoque un vaste soulèvement populaire et insurrectionnel dans toute la Tunisie. Il ne faudrait dans ce cas que 28 jours pour que Ben Ali, Président de la République depuis 24 ans, fuit le pays. La contagion l’emporte et il ne faudrait que 17 jours de manifestations, grèves, et d'affrontements avec les forces de l’ordre pour que les Egyptiens se débarrassent de Hosni Moubarak et de son régime corrompu.

 
 Espoir, espérance, utopie. Ces mots nous semblent souvent obsolètes. Pourtant, qui parmi nous, aurait pu dire qu’en ce début d’année 2011 partiront d’Afrique du Nord ces révolutions qui nous redonnent l’espoir en l’homme, et sont une leçon pour l’avenir. Tout est possible, le pire nous l’avons vu hier avec le nazisme, mais également le meilleur qui s'écrit aujourd'hui sous nos yeux ébahis. 

 Christian W.

Le 06/05/2011

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