POURQUOI LE TOGO VA SI MAL ? COMMENT LE SORTIR DE SA LETHARGIE ?

- NM Kalife , Juillet 2008  - 

  

Avant de chercher à savoir où l’on va, il faudrait d’abord savoir d’où l’on vient et où l’on est. C’est un axiome de Sagesse qui doit guider tout homme libre et responsable de son devenir. Cela nécessite la clairvoyance individuelle et la transparence collective.

Ainsi, pour réussir une vraie politique consensuelle de redressement moral des comportements des Togolais dans la vie nationale, en nous débarrassant du cancer de la corruption et en nous amenant à tous nous réconcilier après tant d’exactions sur les personnes au cours du demi siècle d’indépendance de notre pays, comme nous le propose l’ONU qui vient de lancer 2 Ateliers d’étude des mécanismes de la corruption et d’analyse des moyens de réaliser la réconciliation nationale, et, avant de pouvoir concevoir un grand plan détaillé de reconstruction de l’économie nationale, faudrait-il au préalable prendre conscience des mécanismes qui ont mené notre pays à subir la détérioration désastreuse des conditions de vie de ses populations et la ruine de son économie dont l’ensemble de nos bailleurs de fonds s’émeuvent en déplorant l’état de léthargie dans lequel nous baignons avec désespoir pour les uns ou résignation pour les autres. Il faut bien qu’une minorité agissante, parmi les intellectuels Togolais, se ressaisissent en brandissant le flambeau de la connaissance pour éclairer nos concitoyens sur le pourquoi de notre misère actuelle et sur les moyens de nous en sortir.

A cet effet, je commencerai par dresser un bilan succinct de l’évolution de notre situation économique au cours des 25 dernières années, montrant l’évolution misérable du pouvoir d’achat des consommateurs, qui est tombé par terre aujourd’hui, générant la misère et la malnutrition pour 7 Togolais sur 10 qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Bien sûr, cette analyse ne concerne pas la minorité de quelques centaines de privilégiés opérant dans l’ombre de la fraude et de l’illégalité, qui contribuent à aggraver les malheurs de la population togolaise.

 

UNE EXPLICATION DE LA DEGRADATION CONTINUE DU

NIVEAU DE VIE DES TOGOLAIS DEPUIS 25 ANS

Pour prendre conscience de la détérioration continue du niveau de vie des Togolais depuis un quart de siècle, il faut savoir qu’en 1982, le PNB togolais par habitant était de 340$ de l’époque, ce qui équivaut en termes réels à plus de 1.500$ d’aujourd’hui. Or, le revenu moyen par tête du Togolais en 2007 n’atteint plus que que 310$ courants, soit un niveau de vie 5 fois inférieur à celui de 1982 ! D’ailleurs, nos compatriotes ayant bien vécu, honnêtement, l’année 1982, peuvent en témoigner, en comparant leurs conditions de vie à 25 ans d’intervalle, la dégradation de leur niveau de vie qu’ils ont subi depuis cette époque où l’on construisait l’Hôtel du 2 Février : Miserere Nobis !

C’est ainsi qu’à titre de comparaison des niveaux de vie des employés togolais entre 1982 et 2008, il suffit de constater qu’en 1982, le salaire de base de la 1ère catégorie, dans la Convention collective des industries du Togo, était de 15.136 FCFA de l’époque contre 16.687 FCFA aujourd’hui, alors qu’il suffit de savoir que le prix du Kg de pain est passé de 234 FCFA à 700 FCFA, celui du kilo d’igname de 106 FCFA à 336 FCFA, le Kg de bifteck de 750 FCFA à 3.000 FCFA, le Kg de riz de 214 FCFA à 461 FCFA, le kilo de maïs étant passé de 97 FCFA à 280 FCFA, le poisson frais (carpe) de 633 FCFA à 3.500 FCFA, le litre de pétrole lampant servant à éclairer les maisons à la campagne de 135 FCFA à 370 FCFA le litre, l’essence de 200 FCFA à 505 FCFA, sans oublier le prix de la place en taxi collectif qui est passé de 25 FCFA à 200 FCFA, tandis que le loyer d’une chambre en centre ville a augmenté de 2.000FCFA par mois en 1982 à 10.000 FCFA aujourd’hui, et le prix de la consultation médicale au CHU-Tokoin de 600 FCFA à 2500 jusque 6000 FCFA aujourd’hui, ... etc.

Tout cela confirme clairement que depuis 1982 le pouvoir d’achat du peuple Togolais a bien été divisé par au moins 3, compte tenu de la baisse des prix d’autres produits importés, à présent d’Asie au lieu d’Europe précédemment.

Nous pouvons ainsi constater comment les salariés ont été délibérément sacrifiés dans la politique des revenus depuis 25 ans. Cela s’explique par la toute-puissance de l’Etat qui muselait l’unique syndicat des travailleurs, CNTT jusqu’en 1991, mais cette pratique n’a pas évolué par la suite par manque d’expérience des nouveaux syndicats issus de la Conférence Nationale en 1992.

Cette stratégie de blocage des salaires était officiellement justifiée par l’impératif de remboursement de la dette extérieure, pour ne pas augmenter la charge salariale des fonctionnaires dans le Budget de l’Etat. Ainsi, la politique budgétaire gela les salaires de la fonction publique (et par ricochet les salaires du secteur privé), et ce gel des dépenses publiques s’étendit simultanément aux budgets sectoriels de la santé publique, de l’éducation nationale et de l’entretien des infrastructures urbaines, alors que la croissance démographique était de 3,2% par an, soit plus du doublement de la population togolaise en 25 ans avec tout ce que cela implique en doublement des besoins sociaux. De la sorte, fut sacrifié le bien-être de 99% des populations togolaises sur l’autel de la dette extérieure, le 1% restant de la population étant composé des hommes et femmes d’affaires et, bien sûr, des privilégiés du régime politique établi.

Mais comment en est-on arrivé là ? Comment a-t-on pu accumuler l’énorme dette extérieure d’environ 200 millions $ d’alors (soit 500 milliards FCFA de 1982), qu’il fallait rembourser à partir de 1982 avec tous les intérêts débiteurs à y ajouter, alors que le Togo n’était plus guère endetté en 1974 ? D’ailleurs, à cette dette extérieure, il y a lieu d’ajouter la dette intérieure, estimée à environ 150 milliards FCFA en 1982, mais dont le remboursement n’entrait pas dans les priorités du FMI, ce qui affaiblira l’émergence d’un entreprenariat national qui aurait dû être renforcé en vue de nous assurer un vrai développement endogène à terme.

LA GENESE DE NOTRE DETTE EXTERIEURE EXCESSIVE

Au cours des années qui suivirent la proclamation de l’Indépendance du Togo, de 1960 à 1973, la croissance économique au Togo était bonne, avec un taux annuel moyen de 7%. De 1974 à 1980, le Togo connut une croissance économique encore beaucoup plus élevée, de l’ordre de 10% par an, en bénéficiant du boom des matières premières sur les marchés internationaux où les prix en $ avaient doublé pour le café, cacao, et quadruplé pour les phosphates, et cela fut amplifié par l’appréciation du $ par rapport au FF. Cette augmentation exceptionnelle de nos recettes d’exportation permit au Budget de l’Etat de quintupler en passant de 16 milliards FCFA en 1974 à 80 milliards en 1975.

C’est alors que sur les avis du conseiller économique du prestigieux Président Eyadema, un obscur monsieur Maurice Assor, éconduit par le Président Mobutu du Zaïre et présenté en 1971 à notre Président par son ambassadeur Barandao à Paris, que germa l’idée de réaliser une politique dite de « Grands Travaux », consistant à emprunter de grandes sommes en $ pour construire divers projets, en hypothéquant une partie de nos futures recettes d’exportation (que l’on avait pensé durables !). Ce furent une succession d’emprunts démesurés et non justifiés économiquement parce que non rentables. Ces investissements pharaoniques, qualifiés gentiment d’« éléphants blancs », étaient décidés par le Chef de l’Etat, tout puissant, sans aucun contrôle financier extérieur à son propre pouvoir personnel. D’ailleurs, ainsi agissaient tous les despotes Africains de l’époque, qui profitaient des tensions internationales entre l’Est et l’Ouest pour se faire respecter dans leur pouvoir absolu auprès des bailleurs de fonds.

De la sorte, l’Etat togolais réalisa de nombreux projets, très coûteux pour nos moyens alors qu’ils n’avaient pas de rentabilité financière assurant les remboursements réguliers de l’emprunt contracté. Et personne, à cette époque, n’osait proposer à en réaliser une étude préalable sous forme de « cost/benefit analysis », sous peine d’être puni des lourds châtiments du « dieu de la terre »...

Il faut ici rappeler que le FMI avait dénoncé tardivement, dans les années 1980, les détournements frauduleux des richesses nationales du Zaïre par son Président, le général Mobutu Sessé Seko, à qui il avait reproché d’avoir accumulé une fortune personnelle de 11 milliards $ de l’époque, ce qui aurait pu servir à rembourser toute la dette extérieure du Zaïre, que Mobutu n’honorait plus. Il faut ici informer les lecteurs non avertis que cette pratique cleptomane des richesses publiques était courante dans l’ensemble des pays africains qui vivaient sous un régime despotique, dont le fonctionnement ne souffrait d’aucun contrôle des ressources ni des dépenses des finances publiques, en dehors de l’Inspection Générale d’Etat qui était diligentée par le Chef de l’Etat lui-même à l’encontre des petits fonctionnaires indélicats.

Mais, ce qui peut nous choquer aujourd’hui, c’est de constater que cet endettement démesuré des Etats africains était accordé à ces pays qui étaient déjà classés parmi les pays les plus pauvres de la planète, et qu’il aurait fallu plutôt mobiliser les ressources extraordinaires provenant de ce boom exceptionnel des matières premières des années 1973-1980 au service du bien-être des populations dont le Chef de l’Etat avait la charge en tant que « Père de la Nation », comme l’on aimait si bien l’acclamer dans toutes les manifestations publiques, notamment en présence des bailleurs de fonds. De plus, ces détournements de la richesse nationale étaient d’autant plus criminels que les chefs d’Etat et les gouvernements de l’époque étaient tous avisés par les institutions internationales des moyens de la lutte contre la pauvreté, à travers toute une série de réformes à entreprendre pour développer leur pays.

Parmi les sources d’endettement extérieur abusif qui ont réduit les budgets sociaux des populations togolaises depuis un quart de siècle, se trouvent notamment :

- les investissements pharaoniques, dont l’exemple type est l’Hôtel du 2 Février qui a été facturé à 38 milliards FCFA alors qu’un des architectes du projet m’avait personnellement confié qu’il l’aurait construit pour 5 milliards FCFA  seulement; qui plus est, 10 étages de cet immeuble sont vides et, à la « Conférence Nationale » de 1991, il avait été rapporté que cette économie de 10 étages avait servi à construire la résidence présidentielle de Lomé II ;

- les mauvais choix des investissements des entreprises publiques et parapubliques, dont les valeurs de construction et des équipements étaient tout aussi fortement surfacturées, à tel point que le seul amortissement du coût surfacturé de l’investissement empêchait l’entreprise publique d’être rentable, ce à quoi venait s’ajouter le coût excessif d’un personnel pléthorique, surpayé et de surcroît souvent non qualifié. Dans ces conditions, l’entreprise publique ne pouvait objectivement pas générer les revenus nécessaires pour couvrir les charges de remboursement des emprunts effectués pour ses investissements. Et c’est le Budget de l’Etat qui devait en financer les déficits, parce que c’est l’Etat qui en est propriétaire. C’est pourquoi le FMI, sans hésiter, avait préconisé de privatiser toutes les entreprises publiques, pour éviter ces pertes supportées par le Budget de l’Etat qui devait prioritairement financer le remboursement de la dette extérieure. De surcroît, une autre conséquence sociale fut la perte d’emploi de milliers de travailleurs innocents qui travaillaient dans ces entreprises publiques ou parapubliques. Et ce fut le drame social de milliers de familles togolaises.

-  D’autres formes de détournements de fonds publics existent et m’échappent dans la façon dont elles sont montées, mais des revues spécialisées pourraient vous en faire état. Je n’ai pas le temps de les fouiller : il suffirait que des étudiants en doctorat fassent leur thèse sur le sujet et en diffusent le contenu pour nous prémunir contre la répétition de tels actes dans le futur. Cherchez et tenez-en moi informé, SVP.

 

Le drame des difficultés de remboursement de notre dette extérieure abusive s’est trouvé amplifié par le fait qu’à partir de 1981, les cours de nos produits d’exportation agricoles et miniers (café, cacao, coton, palmistes, … phosphates) avaient gravement fléchi, et cela dura malheureusement jusqu’en 1993. L’Etat n’était donc plus du tout en mesure de rembourser les importantes échéances annuelles de la dette extérieure, dont les montants annuels de remboursement avaient été établis sur la base des recettes d’exportation des années prospères de 1973 à 1980, années où ces dettes abusives avaient été contractées en pensant naïvement que cette manne extérieure allait durer éternellement...

Pire encore, ces dettes extérieures, déjà démesurément grossies par les surfacturations, étaient assorties de taux d’intérêts très élevés (entre 14 à 18% l’an, sans compter les clauses de pénalités de retard qui alourdissaient le montant final à rembourser). Or, ces taux élevés entraînent le doublement du montant à rembourser sur une période de 6/7 ans, ou son triplement sur 9/10 ans, ou son quadruplement sur 11/12 ans : c’est ce qui nous fit rembourser plusieurs fois les montants empruntés. Et ce désastre financier ne fit qu’aggraver la précarité de nos populations qui étaient privées de santé et d’éducation. En outre, ces remboursements d’intérêts excessifs sur des emprunts fallacieux ou improductifs entraînèrent la stagnation globale de notre économie, qui était alors condamnée à dépérir pour l’éternité ... si la communauté internationale n’avait pas enfin compris, tout récemment, qu’il fallait nous sortir de cette impasse en effaçant la dette extérieure restante. Cependant ce geste généreux est soumis à des conditions précises...

En effet, l’effacement de toute dette d’Etat pauvre est soumis à la condition de bonne gouvernance. Cela permit déjà à nos voisins, Burkina Faso, Ghana et Bénin de s’en sortir plus tôt. Or, notre pays poursuit toujours sa descente aux enfers à cause de quelques centaines de prédateurs qui continuent à profiter impunément de l’ordre établi pour continuer à s’enrichir immodérément au détriment de 99,99% de la population togolaise. Et il faut savoir que toutes ces pratiques de mauvaise gouvernance ne sont pas ignorées de nos bailleurs de fonds qui ont des indices de mesures qui leur permettent de savoir ce qui se passe dans l’ombre des prédateurs de notre économie. C’est pourquoi nos bailleurs de fonds, ayant les qualités de discrétion des grands banquiers, traînent en longueur avant de se décider à nous réhabiliter franchement dans leur cercle de confiance, en nous aidant alors sérieusement à redémarrer pour de bon. Mais ils ne tiennent pas à recommencer le cercle infernal de l’endettement criminel du passé.

Aussi, est il incompréhensible que notre jeune Président de la République, abreuvé d’études supérieures en gestion financière (ce qui le fait justement bien apprécier de nos bailleurs de fonds), ne donne pas un bon coup de barre à 180°, qui soit décisif pour gagner la confiance populaire générale en redressant la situation des finances publiques et partant, en redynamisant toute l’économie nationale avec l’aide de personnes ressources de la société civile, compétentes et de bonne volonté, comme cela a été fait au Bénin voisin par le Président Yayi Boni, alors que le Bénin d’autrefois était décrié pour être l’un des Etats les plus corrompus du monde aux côtés du Nigéria et du Cameroun. Aussi, j’invoque le dieu « Hebiesso » pour délier notre Président Faure des contraintes et de l’influence de son entourage, pour que, tel le Phénix résurgissant des cendres, il puisse enfin reconquérir la confiance de tous ceux qui avaient cru en lui à son avènement au pouvoir en 2005 ...

LES EFFETS ANTISOCIAUX DU REMBOURSEMENT DE LA DETTE EXTERIEURE

Dans les années 1980, le FMI avait obtenu de l’Etat togolais d’affecter 20% de ses recettes budgétaires au remboursement de sa dette extérieure. Sans cela, le Togo aurait été déclaré en état de cessation de paiement aux yeux de la communauté internationale, et tous nos opérateurs économiques en auraient alors pâti, de même que le FMI, la Banque Mondiale, les USA, l’Allemagne, la France, le Japon, etc... auraient suspendu leur aide extérieure en faveur du Togo.

Il a donc fallu imposer une grave austérité budgétaire pour prélever 20% du Budget au profit des créanciers extérieurs de l’Etat. Or, cette ponction de 20% du Budget n’a affecté que les seuls budgets sociaux, qui concernaient les conditions de vie de nos populations, notamment les plus démunies. Cette austérité budgétaire s’est donc manifestée à travers les mesures suivantes qui ont eu des effets désastreux pour la vie sociale togolaise.

Voici comment cette descente aux enfers s’est opérée :

·         le blocage des salaires de la fonction publique et, par ricochet, des salaires du secteur privé, tout au moins ceux qui figuraient sur les grilles officielles des salaires des conventions collectives. Les salariés les plus compétents durent s’expatrier pour améliorer leur niveau de vie, ce qui fit baisser la productivité nationale. Pour ceux qui sont restés, le niveau de vie des salariés s’en ressentit par la baisse de qualité de leur alimentation, de leurs soins médicaux et de leur logement ;

·         la diminution relative des dépenses publiques de santé. Cela eut pour effet de détériorer le niveau des soins médicaux dans nos hôpitaux et dispensaires, ces derniers étant progressivement fermés. Il en résulta une mauvaise ambiance dans les services médicaux, amenant beaucoup de personnel médical compétent à s’expatrier : le Togo perdit son prestige médical antérieur ;

·         la diminution relative de nos dépenses pour l’éducation nationale, eut pour effet de détériorer les conditions d’exercice de l’enseignement dans nos écoles publiques, collèges et lycées, ainsi qu’à l’Université du Bénin, amenant beaucoup de professeurs et d’assistants à s’expatrier et décourageant certains de nos étudiants de l’étranger à rentrer au pays : la qualité de notre enseignement et de la formation de nos cadres s’en ressentira négativement dans les décennies suivantes, notamment aujourd’hui où les institutions internationales constatent une certaine déficience de notre encadrement dans l’Administration publique;

·         le manque d’entretien ou de renforcement de nos infrastructures urbaines eut pour effet le délestage d’électricité qui ralentit la production nationale, des inondations urbaines et l’insalubrité maladive généralisée à plusieurs quartiers de la ville, où l’absence de ramassage des ordures ménagères enclenchent des épidémies périodiques de choléra, de fièvre jaune, de méningite, ainsi que des endémies à répétition de paludisme et de grippes variées, qui font baisser la production nationale, tout en ruinant les populations pauvres qui s’endettent pour payer les soins médicaux de plus en plus coûteux.

 

Tout cela s’est donc traduit par l’appauvrissement généralisé de nos populations, dont 7 personnes sur 10 sont à présent dans une extrême pauvreté, tandis que les autres 3 personnes sur 10 ont vu aussi leur niveau de vie durement baisser avec la dégradation constante de la situation économique générale, où les prix de l’alimentation, de l’hébergement, des soins médicaux et des transports ont tous été multipliés par 3 à 5 fois, alors que leurs revenus n’ont pas pu progresser en raison de l’austérité économique générale, résultant principalement de la mauvaise gouvernance politique du pays. Sauf, une infime partie de privilégiés, dont l’effectif de base est de quelques centaines de personnes, oeuvrant dans l’ombre pour gagner des centaines de millions ou des milliards FCFA selon les cas, grâce notamment au non paiement des droits de douanes, de la TVA, de l’IR et d’autres impôts et taxes qu’ils ne versent pas au trésor Public, ou bien grâce à des monopoles abusifs qui leur procurent des revenus considérables sans acquitter les bons impôts... Les journalistes n’osent d’ailleurs plus les dénoncer par crainte de représailles physiques.

Outre ce désastre de la Dette Extérieure, il faut savoir que les entreprises privées qui facturaient l’Etat à crédit, se sont retrouvées avec des créances impayées sur l’Etat qui ne leur payait pas d’intérêts de retard, alors qu’elles agonisèrent en raison de ces impayés, du fait qu’elles mêmes devaient supporter un lourd taux débiteur auprès des banques locales qui leur avaient accorder un découvert pour leurs opérations de vente à crédit. La crise économique s’en trouva alors aggravée, parce que ces entreprises privées, créancières de l’Etat qui ne les payait pas, durent cesser leurs activités en licenciant leur personnel nombreux et en privant le Service des impôts et la Direction des douanes ainsi que la CNSS de recettes substantielles.

Dans tout ce contexte économique désastreux, le FMI laissa faire le gouvernement qui ne procéda guère à la réduction des dépenses militaires ni du train de vie de la Présidence de la République, alors que les millions de populations togolaises pâtissaient des P.A.S (Plan d’Ajustement Structurel), du blocage des salaires ainsi que de la compression des budgets de l’éducation nationale, de la santé publique et de l’entretien des canalisations sanitaires urbaines. Ce qui est le plus frappant, c’est que les nouveaux responsables de la Banque Mondiale, dépêchés au Togo à la suite de la reprise de la coopération internationale en novembre dernier, se soient étonnés de trouver le Togo dans son état de délabrement actuel. Figurez-vous, mes BBAAFF&SS, que j’ai dû leur exposer publiquement, et en présence de suppôts du Pouvoir qui me jetaient des regards réprobateurs, ce que je vous burine en ce moment dans ma Planche.

Je m’étais souvent posé la question suivante : « Pourquoi notre gouvernement a toujours refusé de procéder à une réforme fiscale visant à attirer des investisseurs dynamiques, tant étrangers que de la diaspora togolaise, permettant de créer de nombreux emplois et de rapporter plus de recettes aux impôts par élargissement de l’assiette fiscale ? »

Figurez-vous que je crois comprendre pourquoi : notre économie est enserrée dans un réseau de commerce de type maffieux, où une minorité privilégiée n’a guère intérêt à l’avènement d’un système fiscal allégé qui ouvrirait le marché à des milliers de nouveaux opérateurs économiques qui leur feraient concurrence en les éliminant dans une compétition loyale et transparente. Ces gens-là ont plutôt intérêt à maintenir en place un système fiscal rebutant, qui assure leur domination en leur donnant l’avantage d’écraser leurs concurrents payant trop d’impôts et l’intégralité des droits et taxes, alors qu’eux-mêmes ne paient ni impôts, ni douanes, ni les autres taxes. Et le pays dépérit tout doucement pendant ce temps-là... Il suffit de constater comment, jour après jour, des commerces se ferment et des opérateurs économiques étrangers quittent notre pays pour s’installer ailleurs où l’activité économique est plus correcte, sans discriminations fiscales et douanières. Je vous avoue que moi-même, précédemment réputé pour être un commerçant habile et innovateur, j’ai dû renoncer à importer des marchandises en raison de la concurrence déloyale qui sévit sur le marché où l’on rencontre de gros écarts de prix pour la même marchandise, alors qu’en 1982 j’étais classé par nos banques locales comme l’un des 2 chefs d’entreprise Togolais les plus performants de la place : je me souviens que je réalisais à l’époque un chiffre d’affaires de 2,8 milliards FCFA de l’époque avec plus de 100 millions de bénéfices déclarés, alors que j’en suis réduit à ne réaliser que 23 millions FCFA de chiffre d’affaires en 2007 avec 38 millions FCFA de pertes d’exploitation. Ce n’est pas pour rien que je cherche à céder mon affaire depuis 4 ans, pensant bien que le cessionnaire se débrouillerait mieux, car mon affaire, « Le Petit Prince », si elle réalise un bon chiffre d’affaires, peut être à nouveau très rentable, comme par le passé, avant 2004.

En dehors de toutes ces données économiques, il faut quand même retenir un événement politique majeur qui allait priver notre pays, durant 15 années, entre 1993 et 2007, de toute aide extérieure. Or, celle-ci, même réduite à 25£ par tête comme par le passé, aurait pu soulager le bien-être de nos populations démunies. Il s’agit du triste spectacle du massacre de « Fréau Jardin » en janvier 1993, intervenu sous les yeux des ministres français et allemand de la coopération, en visite à Lomé : ce fait choquant entraîna les représailles de l’UE. Celle-ci priva aussitôt le Togo de toute coopération extérieure en entraînant dans son sillage les U.S.A. et les autres bailleurs de fonds qui reprochèrent à l’ancien Président Eyadema de violer gravement les Droits de l’Homme.

 Cela eut pour effet global de priver le peuple togolais de 50 milliards FCFA d’aide annuelle (soit 25 $ seulement par habitant alors que d’autres pays africains reçoivent jusque 90 $ par habitant, comme le Sénégal par exemple), càd un manque global d’aide extérieure de 750 milliards FCFA entre 1993 et 2007. Or, ce montant équivaut justement à ce que j’estime utile pour financer un « Plan Marshall » pour la reconstruction économique et sociale du Togo dans les 5 prochaines années, à condition que cette aide soit cogérée par les bailleurs de fonds pour être sûrs de la bonne utilisation des fonds.

Notre privation de toute aide extérieure depuis 1993 est donc venue aggraver la précarité des populations démunies. En effet, il est facile de le constater le recul de l’alphabétisation et la hausse de la mortalité infantile, sans oublier l’espérance de vie qui est tombée en dessous de 50 ans, alors que dans les pays riches elle dépasse 80 ans. Cet appauvrissement aggravé explique aussi pourquoi nos populations ont beaucoup de mal à payer l’inscription de leurs enfants à l’école publique (3555 FCFA par garçon et 2555 FCFA par fille), alors qu’elle était gratuite du temps colonial. Elles ne disposent même plus des consultations médicales gratuites dans les dispensaires de quartier et de village, qui ont tous été fermés depuis l’application des P.A.S (Plans d’Ajustement structurels), imposés par le FMI pour rembourser une dette extérieure frauduleuse. Quant aux hôpitaux publics, ils ont quadruplé leurs tarifs de consultation, alors que leurs prestations ont beaucoup décliné en qualité. Par ailleurs, une très grande partie des médecins togolais et des enseignants-chercheurs se sont expatriés par manque de reconnaissance de leurs mérites après les années 1980. Aussi, notre pays manque-t-il gravement, en ce moment, de hautes compétences en tous domaines, selon un constat du FMI, de la banque Mondiale et de l’ONU. Cela résulte aussi bien de la mauvaise allocation des ressources budgétaires en faveur de l’éducation et de la santé, durant les 25 dernières années que de l’absence de promotion au mérite pratiquée par notre hiérarchie administrative et politique, en favorisant le militantisme politique qui pousse les plus compétents à s’expatrier.

Quant à la mauvaise gestion de l’habitat, on ne peut que le déplorer en sachant bien que la taxe de 1% sur les salaires, prélevée pour aider à la construction de logements sociaux, n’a jamais été utilisée à cette bonne fin. Cela ne fait qu’ajouter à tous les autres signes de mauvaise gouvernance du pays.

Tout ce bref rappel historique (j’en aurais pour deux milliers de pages si je voulais rapporter tout ce qui est écrit sur la dilapidation honteuse des ressources nationales du Togo) permet de comprendre d’où l’on vient, avant de chercher à savoir où l’on va, à la suite des dernières élections législatives qui ont montré les difficultés d’établir une véritable démocratie parlementaire au Togo, malgré tout ce qui accréditait le gouvernement d’union nationale issu de l’APG signé à Ouagadougou en Août 2006.

Depuis la signature de cet APG, qui a réhabilité le gouvernement togolais au sein de la communauté internationale, nous ne sentons pas d’amélioration des conditions de vie des Togolais en général, en dehors de quelques privilégiés indélicats qui en profitent malicieusement et illégalement, tout en nous narguant. Néanmoins, le fait que je les ai dénoncés récemment au cours de 2 émissions télévisées sur TV7, a vite fait de les amener à éviter certains signes ostentatoires, de manière à ne pas effaroucher les « jaloux », comme ils le disent avec cynisme.

Mais il y a pire encore à constater dans notre pays, c’est que ceux qui s’adonnent à ces actes criminels de détournements de fonds publics ne sont même pas jugés ni mis en prison après avoir été remerciés suite à la découverte, par hasard, de leurs forfaits. Et il se trouve même que ces criminels économiques, démis de leur ancienne fonction à la tête d’un ministère, soient enviés dans leur entourage par ceux-là qui n’ont pas eu ce « privilège » de piller impunément le Trésor Public. Dans ces conditions, ces grands prédateurs de la nation togolaise représentent aux yeux de la jeunesse en quête de repère, un modèle « remarquable » de réussite financière avec pignon sur rue, puisqu’ils n’ont pas été inquiétés dans leur villa luxueuse et qu’ils continuent à brasser d’importantes affaires, en bénéficiant des honneurs à l’occasion de leurs passages en ville ou dans leur village. Et, comble d’impunité pour ces prédateurs publics, aucun journaliste n’ose vraiment enquêter sur l’origine de leur enrichissement spontané, sans rapport avec leurs traitements et salaires, alors qu’ils n’avaient pas de richesses personnelles déclarées avant l’accession à leurs fonctions politiques.

Ce système de corruption se propage aussi à travers les petits corrompus qui collaborent avec les gros prédateurs des fonds publics. Ils y vont de leur « débrouillardise » pour opérer impunément à leur guise, en « doublant » leurs «patrons», ce qui élargit les cercles concentriques de la corruption. Et, pour comble de tout, cela se pratique dans l’indifférence générale, sous une forme banalisée, allant même jusqu’à nous en faire rire dans nos conversations de salon.

Ce qui est encore plus remarquable en cynisme, c’est que la réalité de la corruption en Afrique subsaharienne soit reconnue, sans sourciller, par le doyen des chefs d’Etat africains, le Président Omar Bongo, qui s’était publiquement réjoui des cas de corruption dénoncés en Allemagne et en France à propos du financement de la campagne électorale de l’ancien Chancelier KOHL avec l’aide camouflée de la compagnie pétrolière ELF, sur ordre du Président Mitterrand, dans les années1990. A ce propos, il déclarait fièrement sur les ondes internationales de RFI et de AFRICA N°1, que l’Afrique ne détient pas le monopole de la corruption… !

Néanmoins, entre l’Europe et l’Afrique, il faudrait faire un distinguo utile. En effet, en Afrique, du fait que la corruption s’en prend surtout aux comptes des budgets publics, c’est le sort des populations démunies qui en souffre, en les privant du minimum de prestations sociales dans les secteurs de la santé publique et de l’éducation nationale  qui sont à la base du développement; tandis qu’en Europe, les cas dénoncés sont des entreprises privées qui financent les partis politiques pour pouvoir obtenir des marchés publics, sans que cela n’affecte le bien-être des populations. La dimension n’est donc pas du tout la même.

Une autre conséquence des méfaits de la corruption sur nos habitudes de vivre au Togo, c’est que l’on soit amené à verser un pourboire pour retirer, dans un délai normal, un document d’état civil ou une simple légalisation de documents ou un extrait de jugement auprès du greffe du tribunal. Et j’explique sans aucunement le justifier, qu’un tel comportement résulte de la forte dégradation du pouvoir d’achat des petits employés qui n’arrivent plus à joindre les 2 bouts pour faire vivre leur famille.

Aussi, est-il à présent reconnu de façon notoire qu’au Togo comme en de nombreux Etats d’Afrique, l’importance de la corruption est telle, qu’elle est devenue le principal facteur d’anti-développement et la cause principale d’endettement et d’insolvabilité de l’Etat envers ses créanciers. Comment cela ?  C’est que la corruption diminue les recettes fiscales  et prive l’Etat des moyens de rembourser ses dettes légitimes, notamment les petites entreprises privées qui s’en retrouvent ruinées, faute de pouvoir payer leurs fournisseurs qui ne les livrent plus, ni couvrir leurs découverts en banque dont les forts intérêts débiteurs déstabilisent l’équilibre financier de ces PME en grevant lourdement leurs charges financières. Par conséquent, il est universellement reconnu désormais que la corruption a pour conséquence d’étouffer les forces vives de l’entrepreneuriat national, alors que cet entrepreneuriat national devrait plutôt s’épanouir pour pouvoir servir de tremplin à un développement national endogène et intégré, sans plus laisser le terrain occupé par les seuls étrangers.

Que faire donc pour une résurrection de l’économie togolaise ?

 

UN DEBUT DE SOLUTION ETHIQUE SOUS L’EGIDE DE L’ONU

EN VUE DE RECREER LA CONFIANCE ECONOMIQUE

 

Les institutions internationales de l’ONU, la Banque Mondiale et le FMI, ayant constaté la dégradation extrême des conditions de vie au Togo depuis les années 1980 où leurs Représentants disaient de « Lomé la coquette » que c’était une ville merveilleuse, où les infrastructures urbaines fonctionnaient mieux que partout ailleurs en Afrique, alors qu’à présent elle est devenue si triste, avec des routes parsemées de nids de poule, des rues inondées, un tout-à-l’égout bouché, une électricité fournie par intermittence, des bâtiments publics délabrés, un CENETI (Centre informatique) peu opérationnel, des interlocuteurs de l’administration publique beaucoup moins compétents qu’autrefois, un manque de motivation au travail, ... etc (et cela est tellement vrai que des amis Béninois qui avaient connu le Togo d’antan, m’avouent avec tristesse leur pitié pour nous !),

... et ces mêmes Institutions Internationales ayant constaté que notre jeune Président de la république ne gouverne pas en solitaire, comme le faisait son père,

... elles ont donc, tout récemment, pris à coeur d’apporter une assistance technique particulière en faveur du Togo, en vue de redresser cette situation économique et sociale qu’ils jugent très très alarmante pour l’avenir de 75% nos enfants qui subissent la malnutrition, une insuffisante scolarisation, peu de formation professionnelle, etc ..., cette situation ne faisant que laisser notre pays poursuivre sa descente aux enfers.

Aussi, dans le but de nous aider à nous relever sérieusement, après 15 années d’isolement (1993-2007) de l’aide internationale qui nous a laissé dépérir tous seuls, l’ONU a décidé de contribuer à l’œuvre de redressement économique et social du Togo, en finançant, depuis mai et juin 2008, l’organisation de 2 Ateliers de formation éthique, où participent les autorités gouvernementales qui doivent nécessairement s’y impliquer pour pouvoir réussir cette mission de base. Ces deux Ateliers portent respectivement sur la « Convention des Nations Unies contre la corruption », et sur le processus « Vérité, Justice et Réconciliation ».

L’Atelier sur la « Convention des Nations Unies contre la corruption » devrait amener le gouvernement à prendre les mesures utiles pour  éradiquer la corruption des pratiques togolaises, « tant bien entendu que c’est une condition préalable à toute volonté politique de permettre à notre pays de reprendre le chemin de la croissance économique et du développement social, et cela d’autant plus que ce sont les populations démunies qui en ont le plus subi les préjudices en étant réduites à vivre en dessous du seuil de pauvreté. Et cette pauvreté concerne 7 Togolais sur 10 à présent.

Quant à la commission « Vérité, Justice et Réconciliation », elle est tout aussi indispensable à mettre en place pour redonner confiance à tous les Togolais dans leurs institutions. Pour cela, il faudrait, bien sûr, que la composition de cette commission soit crédible aux yeux de toutes les parties, pour pouvoir obtenir un succès total comme cela s’était passé en Afrique du Sud. Et cette procédure de réconciliation nationale ayant pour but de rétablir la paix dans tous les cœurs après un demi siècle d’indépendance, qui a été semé de pas mal de disfonctionnements au niveau des règlements de compte à caractère politique, il faut savoir réconcilier tous ceux qui s’étaient fâchés pour des raisons politiques ou pour des mesures arbitraires à leur encontre personnelle, depuis 1958 à nos jours. Il s’agit notamment des victimes de la victoire électorale des partis indépendantistes du 27 avril 1958, des arrestations arbitraires et prisonniers politiques des années 1961/63 sous la présidence de Sylvanus Olympio, des prisonniers politiques et des arrestations arbitraires sous la présidence de Gnassingbé Eyadema (déjà dénoncés à la Conférence Nationale de 1991), des victimes de la répression des manifestations de l’opposition politique sur la place « Fréau Jardin » en janvier 1993, et enfin des massacres de centaines de militants des partis d’opposition, à travers tout le pays, à l’occasion des élections présidentielles d’avril 2005.

Il faut, néanmoins, reconnaître que, depuis l’APG (« Accord Politique Global » signé à Ouagadougou en août 2006 entre tous les partis politiques ainsi que la société civile), les autorités publiques togolaises respectent beaucoup mieux la liberté d’expression dans la presse écrite (quoique certains journalistes chuchotent l’existence de pressions occultes à leur encontre) qui n’est lue, malheureusement, que par une minorité de lecteurs intéressés par les « affaires » politiques et scandaleuses, ou capables de débourser quotidiennement 250 FCFA (l’équivalent de 7.000 FCFA par mois, soit la moitié d’un SMIG togolais!) pour l’achat d’un journal privé donnant plus d’informations sur les opérations de l’opposition, sur ce qui est « ignoré » du quotidien national « TOGO-PRESSE ».

Par contre, les chaînes privées de radio et de télévision sont plus « surveillées », du fait qu’elles touchent la masse populaire. C’est ainsi qu’elles ne sont pas autorisées à faire des émissions « chaudes » qui traitent de questions politiques nationales délicates (exemple du cas de « Radio Maria »qui a dû renoncer aux anciens débats politiques sur son antenne). La chaîne de télévision TV 7, par exemple, me semble autorisée à opérer sous surveillance étroite, puisque dès qu’un débat télévisé touche à certaines pratiques sales de groupes privilégiés, notamment lorsqu’il s’agit de questions relatives aux pratiques de corruption ou aux erreurs de gestion politique du pays, la chaîne n’osant plus alors re-diffuser l’émission, malgré la demande insistante de ses fidèles auditeurs qui ont raté la 1ère diffusion. Quant à la chaîne publique, TVT, c’est avec des pincettes que ses journalistes me font seulement appel lorsqu’il leur manque des interlocuteurs valables dans les domaines économiques qui intéressent la grande majorité des téléspectateurs, férus de comprendre ce qui se passe concrètement dans les problèmes économiques du Togo et dans le monde. Je déplore sincèrement le peu d’informations et de formation que reçoivent les téléspectateurs togolais dans les domaines fiscaux, douaniers, agricole, commercial et économiques en général, surtout pour tout ce qui concerne leur propre vécu au Togo, alors que ce sont les intérêts économiques qui mènent le monde et conditionnent son devenir.

Certes, grâce à la représentante du Haut Commissariat des Nations Unies pour la défense des Droits de l’Homme au Togo, Mme Ige Olatokumbo, la communication des médias togolais a réalisé un grand bond en avant. Bien sûr, l’ONU a dû y mettre les moyens qu’il fallait pour pouvoir mobiliser tant de personnes, et je ne puis que nous en féliciter en raison de la prise de conscience croissante des masses togolaises de leurs droits civiques, en tant qu’êtres humains vivant dans une république, leur « République Togolaise » notamment, dont elles élisent les députés et le Président de la République qu’elles pourraient démettre de leurs statuts aux prochaines élections en portant leur choix de vote sur d’autres personnes concurrentes au cas où les présentes n’auront pas bien rempli leur devoir envers leurs électeurs. Çà, c’est une avancée essentielle pour le progrès et le vécu de la démocratie au Togo !

Il nous reste donc à faire autant pour le succès de l’Atelier du 9 juin 2008 portant sur la « Convention des Nations Unies contre la corruption », inauguré par le Premier Ministre qui nous y a lu un message fleuve et émouvant du Président de la République, Faure Gnassingbé, reconnaissant que le vice de la corruption sape l’économie nationale en la privant des ressources publiques suffisantes pour financer les opérations nécessaires pour son développement, et que ce même vice de la corruption accroît la précarité du peuple togolais dont 7 sur 10 sont référencés par la banque Mondiale comme vivant en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 20.000FCFA par mois à Lomé ou moins de 13.000FCFA par mois dans tout le reste du pays.

UN TRIBUNAL PENAL ECONOMIQUE INTERNATIONAL POUR PUNIR LES CREANCIERS CRIMINELS DE L’ETAT PAUVRE

Et en dehors de ces 2 vecteurs d’action au niveau national, relevant de l’ordre éthique et moral, que les Nations Unies veulent bien nous aider à assimiler dans notre mode de vie politique, afin que les graves erreurs ne se répètent plus à l’avenir, je propose qu’au niveau international, l’on crée un Tribunal Pénal Economique International (TPEI) qui dissuaderait à l’avenir tous les grands corrupteurs du monde de la tentation de corruption d’Etat, celle justement qui avait amené la plupart des Chefs d’Etat Africains à piller les ressources nationales de leur pays au détriment de leurs populations qui se sont gravement appauvries au lieu de prospérer depuis leurs indépendances. Voici le schéma punitif que je propose :

Il y a un fait remarquable sur lequel j’insiste, pour aider les peuples africains victimes de la corruption de ses dirigeants envers les créanciers indélicats. Il s’agit notamment de se poser la question suivante :

« Comment voulez vous qu’à l’avenir un peuple accepte de rembourser des sommes indues, soit parce que ces sommes ont été artificiellement gonflées à son insu par des surfacturations démesurées, soit parce que ces sommes ont servi à réaliser des projets non viables, soit encore pour effectuer des dépenses ostentatoires qui n’auraient dû jamais être engagées en raison de la pauvreté du débiteur dont il fallait en priorité améliorer le niveau de vie de ses populations ?».

Et j’y répondrai volontiers, avec force et vigueur, qu’en raison de la complicité active et le caractère criminel des prêteurs de ces sommes criminelles, l’on devrait réclamer la création d’un Tribunal Pénal Economique International (TPEI) qui jugerait les divers acteurs des dettes extérieures des pays pauvres.

Cela devrait pouvoir aboutir à la condamnation de ces bailleurs de fonds indélicats, condamnés comme des prêteurs frauduleux qui ont participé de la corruption d’Etat, dans l’intention de spolier l’Etat d’un pays pauvre, et cela d’autant plus que l’Etat emprunteur n’est pas universellement reconnu comme appliquant l’état de droit. Et, face à ce comportement inique de certains bailleurs de fonds, il faudrait leur appliquer une sanction responsable, condamnant d’une part, le créancier criminel à rembourser au pays pauvre tout ce qu’il lui a déjà remboursé, et d’autre part, à annuler la créance criminelle avec le versement de « dommages & intérêts » en faveur des populations pauvres qui ont été sacrifiées en remboursant ces dettes criminelles.

 

LE PREALABLE D’ACCOMPAGNEMENT ETHIQUE DE TOUTE POLITIQUE ECONOMIQUE VIABLE POUR UN DEVELOPPEMENT NATIONAL INTEGRE

Le Conseil des ministres réuni le 7 mars 2008 à Nangbéto, sous la présidence de Faure Gnassingbé, a reconnu officiellement que l’enquête de 2005 portant sur les revenus et les dépenses des populations togolaises, révèle que 61,7% des Togolais sont « pauvres », càd que 6 Togolais sur dix vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Ce seuil de pauvreté en 2005 était atteint à partir du moment où l’on gagnait moins de 20.000FCFA par mois à Lomé, ou moins de 13.000 FCFA par mois dans la Région Centrale, dans la Région de la Kara, et dans la Région des Savanes. Et sur cette base d’indices de pauvreté extrême, il ressort que 24% des habitants de Lomé sont très pauvres, contre 69% des populations de la Région Maritime, 56% de celles de la Région des Plateaux, 78% des populations de la Région Centrale, 75% de celles de la Région de la Kara et 91% de celles de la Région des Savanes.

Ces chiffres devraient tous nous interpeller en pensant à tous nos compatriotes, si nombreux, qui souffrent de malnutrition et de manque de moyens de se soigner. Et malheureusement, cette situation s’est lourdement aggravée depuis 2005 par suite de la flambée des prix des produits alimentaires depuis une année. Aussi,  pourrait on estimer que le taux de pauvreté des Togolais a dû monter à 75% de l’ensemble de la population nationale au lieu de 62% en 2005. Ce taux national place notre pays parmi les pays les plus pauvres du monde.

Et c’est justement pour remédier à l’état alarmant de pauvreté des populations togolaises, que les Nations Unies viennent de financer l’Atelier pour la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la corruption, qui a été inauguré le 9 juin 2008 par le Premier Ministre.

A l’ouverture de cet Atelier, le PM nous lit un message émouvant du Président Faure Gnassingbé, dans lequel ce dernier déclare la guerre à la corruption, en la considérant comme la cause majeure de la détérioration du niveau de vie des Africains. Dans ce message, le président Faure dénonce la corruption comme responsable de « la dissipation des deniers publics, de l’aggravation de la précarité et de la dégradation des mœurs », comme « facteur dissuasif pour les investissements étrangers », comme « frein au développement », et aussi comme « un obstacle à la démocratie et à la cohésion sociale ». Plus encore, le Président Faure reconnaît que « la corruption contient les germes d’autodestruction de notre société »

Et le Ministre de la Justice, Kokou Tozoun, de renchérir par une citation de Kofi Annan datant du 9 décembre 2003 au Mexique, affirmant que « la corruption sape la démocratie, entraîne la violation des Droits de l’Homme, fausse le jeu des marchés, nuit à la qualité de la vie et crée un terrain propice à la criminalité organisée ... et que ce mal court dans de nombreux pays certes, riches et pauvres, mais que c’est dans les pays en développement qu’il est le plus destructeur, car, ce sont les pauvres qui en pâtissent le plus, puisque là où la corruption sévit, les ressources qui devraient être consacrées au développement sont détournées, et par conséquent les gouvernements disposent alors de moins de moyens pour assurer les services de base du développement, tandis que l’inégalité et  l’injustice gagnent du terrain tout en décourageant les investisseurs et les donateurs étrangers. La corruption est une des grandes causes des mauvais résultats économiques et donc un obstacle majeur au développement et au recul de la pauvreté. »

 Comme vous pouvez le constater, mes chers lecteurs, ces citations à elles seules donnent la réponse à notre questionnement sur l’origine de la pauvreté de 75% de nos populations togolaises aujourd’hui. Sachant que ce sont bien les plus hauts dignitaires du parti RPT, au pouvoir depuis 1968, qui établissent ce diagnostic de la misère de notre pays, devrait nous interpeller, en nous demandant pourquoi n’ont-ils pas agi depuis 40 ans ?

Tout cela ne peut que nous faire comprendre concrètement, et pour de bon, ce que signifie, en politique, le mot « DUPLICITE ». Mais je vous prie, messieurs les politiciens au pouvoir, de ne plus me taxer d’ « OPPOSANT », car je n’ai aucune ambition politique personnelle autre que de revoir notre peuple heureux, comme je l’avais connu depuis ma naissance en 1944 jusqu’en 1982, avant les problèmes de remboursement de cette dette extérieure monstrueuse, que nous ignorions sous l’ancien régime. Sachez tous, ici, que je ne suis ni « opposant » ni « composant », je ne suis qu’un homme libre, incorruptible, conscient de mes devoirs civiques et citoyens, ne recherchant que le bonheur du Peuple togolais, devenu ma seule Foi et ma raison de vivre.

N’étant pas cupide, je n’ai pas d’autre ambition, m’étant toujours contenté des fruits de mon travail qui a toujours été très intense depuis ma prime jeunesse, sans jamais aspirer au repos, aimant à répéter que le jour où l’on ne me verrait plus travailler, c’est que je serai mort, car, même quand je suis très malade, je ne reste pas au lit et continue à travailler, contre les recommandations du médecin. Je ne demande ni récompense, ni rémunération pour tous les efforts que je déploie au service du bien-être matériel, spirituel, moral et intellectuel du Peuple Togolais, envers lequel, dans le sillage de mon père, Michel Salim Antoine Kalife, et de ma mère Biba Thérèse Nassar ou Nasr, j’éprouve tant de reconnaissance et de gratitude jusqu’à lui offrir mon sacrifice suprême s’il le faut.  Et j’espère bien, un jour, que ce que j’ai écrit dans mes livres et mes articles de journaux dans le passé (depuis 1986 que j’ai commencé à réfléchir sur les réformes économiques nécessaires pour sortir notre pays de sa misère grandissante) et le peu que l’on m’a permis d’exprimer à la télévision depuis 1993, sous la censure discrète qui pèse sur nos chaînes de communication, j’espère que tout cela révèle mon Amour suprême pour le Togo, et que ces preuves serviront un jour, après ma mort (qui risque d’être télécommandée par ceux que je dénonce ici), à faire renaître avec mille fois plus de puissance et d’efficacité opérationnelle, dans le cœur et l’esprit de centaines et de milliers de Togolais patriotes et courageux, la ferme et courageuse volonté de rebâtir le Togo dans la justice sociale, ce qui profitera enfin à nos populations démunies ainsi qu’à notre jeunesse entreprenante qui développera une agriculture moderne, à dominante « bio ».

 

UNE POLITIQUE VERTE AXEE SUR LA PROMOTION D’UNE AGRICULTURE « BIO » QUI SOIT ANIMEE PAR DE JEUNES ENTREPRENEURS TOGOLAIS

Cette qualité d’être une agriculture moderne et bio permettra à nos jeunes entrepreneurs agricoles, qui devront bénéficier de la formation et de l’encadrement d’assistants techniques offerts par l’Union Européenne, est justifiable à plusieurs titres :

*d’abord, à l’avantage de l’emploi au Togo, cela permettant d’occuper des dizaines de milliers de jeunes sans emploi, qui auront accepté à recevoir 1 à 3 années de formation spécialisée, en vue de savoir gérer une exploitation agricole moderne, avec l’aide d’ouvriers agricoles recrutés dans les villages voisins de leur concession agricole.

*ensuite, cela nous permettra d’exporter notre production « bio » avec une forte valeur ajoutée, à destination des marchés européens, qui seront de plus en plus demandeurs de la qualité « bio », alors qu’il est difficile d’en cultiver en Europe, en raison des engrais qui ont fertilisé les sols durant plus d’un siècle.

*et si les autres pays africains nous emboîtaient le pas, l’Afrique deviendrait le « grenier bio » de l’Europe, à moins de 6 heures de vol, ce qui permettra à l’Afrique de l’Ouest de mieux s’équiper en industrie grâce à l’amélioration de ses termes de l’échange qui n’ont cessé de se dégrader depuis l’Indépendance.

*enfin, cette politique étant un facteur majeur de retenir les jeunes Africains dans leur pays, il est évident que l’Union Européenne offrira toute son aide pour favoriser la mise en place d’une telle politique qui la fera moins dépendre d’autres pays plus puissants, pour la ravitailler dans son alimentation « bio ».

Etant donné le peu de temps qui me reste avant de m’envoler pour la France où je dois médicalement me reposer 5 semaines avant de rentrer au pays, je mettrai à profit ce repos pour vous composer une proposition de Politique Economique Nouvelle, qui nous permettrait, dans l’intérêt supérieur de la nation togolaise et de l’ensemble de ses populations, de réaliser un taux de croissance de 10% par an, de façon à résorber en 5 ans une grande partie du chômage actuel des jeunes, tout en offrant des possibilités de formation professionnelle répondant aux besoins du pays et donnant un travail rémunérateur à nos si nombreux diplômés sans emploi.

Donc, je vous dis : « à bientôt » sur ces colonnes.

Nadim Michel KALIFE,
                   Expert en Politique économique africaine-21/6/2008

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